vie mort lib - lp15

Aller au contenu
Menu

vie mort lib

libres débats
Libre débat de la libre pensée
Aurillac merdredi 2 mai 2018 18h 15
La vie, la mort, la liberté !
Animation Yves RETIERE et Roger DE NASCIMENTO


25 personnes ce mercredi soir au libre débat (la vie, la mort, la liberté) animé par Roger De Nascimento et notre camarade Yves Retiere (qui est également délégué départemental de l'ADMD).
(Extraits):
Pour nous, libres penseurs, qui sommes partisans de la liberté absolue de conscience, de la liberté de disposer de sa vie et de son corps, par rapport à la vie et à la mort, la réponse a toujours été « la liberté ».
La hiérarchie catholique, après avoir voulu imposer son point de vue sur ce que doit être une famille, après avoir tenté la même chose à propos de la recherche sur l’embryon, l’avortement, la morale, l’art, les obsèques,  etc… etc…, encore une fois, monte à l’assaut, sans doute confortée par les déclarations du Président de la République à la Conférence des évêques de France et tente d'influencer le débat sur la fin de vie. (...)
Contre Epicure, le matérialiste, pour qui la mort faisait partie de la vie, l’Eglise a fait de la mort une menace.
 
Heureusement, contre l’Eglise, la science moderne a donné raison à Epicure.
Si le libre penseur peut compter sur la science, il a trouvé et il trouvera toujours face à lui, les superstitions, les croyances, les dogmes, en un mot l’obscurantisme en particulier dans un domaine où les Eglises ne renonceront jamais : tout ce qui touche
 
·         aux origines de l’univers,
 
·         aux origines de l’humanité
 
·         et encore plus ce qui touche au début et à la fin de la vie.

La vie, la mort
En fuyant la science d’Epicure : "sans dieu, sans maître et sans peur de la mort", le christianisme a menacé toute l’humanité non pas de la mort mais du trépas (du verbe trépasser, passer au-delà). « La vie ici-bas n’est qu’un passage, l’éternité t’attend. Et quand passe-t-on de vie à trépas ? Quand Dieu en décide, et comment le sait-on ? Quand le cœur s’arrête de battre ».
Ce dogme, qui a régenté la société pendant des siècles, est tombé grâce à la témérité, à l’ingéniosité, à l’imagination de médecins et de scientifiques qui ont suivi leur raison.
  • En 1959, le professeur Maurice GOULON décrit un état très particulier dont la portée va se révéler cruciale : le coma dépassé, c’est-à-dire la mort cérébrale.
 
Un mort qui respire, dont le cœur bat ce qui va permettre le prélèvement d’organes et conduire à l’ouverture des unités de réanimation dans les hôpitaux.
Cette découverte a déclenché une opposition y compris dans le monde scientifique.
 
  • En 1967, le professeur BARNARD a dû s’expatrier en Afrique du Sud, car en Angleterre ses travaux de recherche aboutissant à la greffe du cœur  n’étaient pas autorisés.
  • en 2012, le professeur Fabien CHRETIEN et son équipe ont mis en évidence que les cellules souches des muscles survivent dix-sept jours après la mort chez l’homme.
 
Une fois remises en culture, elles conservent leur capacité à se différencier en cellules musculaires.
 La mort cellulaire n’est pas contemporaine de la mort cérébrale.

Obsèques civiles, le sens d’une campagne
Si elle honore ses morts, la cité antique ne les tolère pas dans ses murs. Le cadavre est impur et ne doit pas être inhumé près des lieux sacrés, il doit quitter la cité.
L’Église romaine, en voulant contrôler tous les actes de la vie va s’emparer de la mort.
Dans l’occident chrétien, entre le XI et le XIIème siècle, l’Eglise de Rome entreprend de sacraliser une portion de terre, baptisée cimetière, autour de ses lieux de cultes déjà consacrés par un autel .
Dans un mouvement de conquête, elle va imposer le caractère religieux de l’espace funéraire collectif… les corps des juifs, des infidèles et des mauvais chrétiens et des athées et libres penseurs ne doivent pas souiller cette terre consacrée.
En tant qu'héritiers des révolutionnaires, les libres penseurs ont fait du combat pour les obsèques civiles, une question essentielle qui touche à l’identité profonde de notre organisation et à son développement.

La dignité : une notion ambigüe et problématique
Dans la suite de nos propos nous ferons appel à la notion de « dignité » qui est implicitement supposée pour rendre compte de la condition humaine. Elle est à la base des droits essentiels de l’homme, et c’est à ce titre qu’elle est présente dans le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
 « Considérant  que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde… » .
L’usage de la notion de dignité est parfois contradictoire, elle est évoquée aussi bien par les partisans des limites à la liberté de chacun de disposer de sa vie et de son corps que par ceux qui ont une position diamétralement opposée.
La notion de dignité est indissociable de celle de « personne ». On parlera de la dignité de la personne humaine pour signifier sa valeur absolue et insister sur sa spécificité par opposition aux choses et aux animaux qui ont un prix.
La pensée chrétienne va substituer la référence à Dieu à celle du cosmos des anciens pour élaborer le nouveau concept de personne auquel sera associé celui de dignité. Le caractère unique et irremplaçable de la personne humaine découle du fait que l’homme est une créature de Dieu et aimée de Dieu.
En introduisant la notion de personne dans le monde occidental, la théologie chrétienne ne rompt pas pour autant avec l’hétéronomie de l’homme. Certes ce n’est plus la Nature ou le cosmos qui constituent la norme, mais toute la vie de l’homme en tant que créature, et toutes ses valeurs dépendent maintenant d’un être transcendant.
C’est dans le cadre de la philosophie des Lumières avec ROUSSEAU et surtout KANT que la dignité de la personne sera fondée sur l’autonomie. L’homme ne dépend plus d’une transcendance, mais, comme il est doué de raison, il est à la fois le sujet de la connaissance et le sujet de l’action.
Liberté et obéissance à la loi morale sont une même chose et confèrent à l’homme toute sa dignité, dignité qui se fonde désormais sur l’autonomie, c’est-à-dire la capacité de tout homme de déterminer ses jugements et ses actions selon des fins morales.
Selon ce concept, chacun doit reconnaître la dignité des autres et sa propre dignité, donc chacun doit s’obliger à respecter des devoirs envers les autres et des devoirs envers soi-même. Les devoirs envers soi-même peuvent imposer des limites à la liberté et à la libre disposition de soi-même. KANT, par exemple, au nom de la dignité et du devoir de respecter l’humanité, s’oppose au suicide, à la paresse, etc….
On peut remarquer que les principes kantiens sont omniprésents en bioéthique et dans la législation française.
La notion de personne va imposer des restrictions à la liberté de recherche, en particulier sur l’embryon. Si l’embryon est considéré comme une personne potentielle, il doit être considéré comme une fin et non comme un moyen.

La loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 garantit la liberté de conscience à tous les citoyens et constitue la clé de voûte de l’ensemble des libertés individuelles conquises durant le dernier quart du dix-neuvième siècle pour achever le processus d’émancipation politique engagé pendant la Révolution française et qui a notamment dépénalisé le suicide.
 
Elle assure à chacun la faculté de croire ou de ne pas croire dans un cadre juridique où l’Etat est étranger à toute influence cléricale. Dans ces conditions, dans tous les domaines de la vie civile, la loi devrait permettre à chacun d’exercer pleinement cette liberté de conscience, notamment dans celui le plus intime de la disposition de son corps, en levant les interdits qui en limitent la portée réelle.
Dans le pays où le suicide a été dépénalisé, dans la République où l’Etat est séparé des cultes depuis cent-treize ans, dans la République dont certains des représentants ont parfois su faire preuve, en vain, de courage - nous pensons naturellement aux membres, toutes formations politiques confondues, de la commission des affaires sociales du Sénat en 2011 qui ont adopté une proposition de loi tendant à apporter une aide à mourir aux malades atteints d’une maladie incurable en phase terminale -, le législateur français est également resté sourd jusqu’à présent à la demande de la quasi-totalité des citoyens de disposer d’un droit à l’aide médicale à mourir.
La loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie et instituant une « sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu’au décès, associée à une analgésie et à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie » ne répond pas à cette exigence : elle ignore la liberté de conscience de l’individu parce qu’elle lui laisse simplement le droit de demander l’interruption des soins.
La simple dépénalisation de l’acte d’euthanasie ne peut offrir les garanties nécessaires à la liberté de conscience. Il convient donc d’ouvrir en faveur des individus:
  • un véritable droit à mourir dans la dignité, ce qui est le principe,
  • ET de mettre en œuvre une aide active à mourir qui en serait l’outil.
 
Les Associations soussignées : Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP), Conseil national des Associations Familiales (CNAFAL), Laïcité-Liberté,  Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), Grande Loge Mixte de France (GLMF), Ligue du Droit International des Femmes(L.D.I.F) ,
 
Entendent donner leur point de vue dans le débat qui va s’ouvrir préalablement à la révision de la loi de bioéthique à propos de la revendication du droit de mourir dans la dignité.

La discussion s'engage ensuite autour des propositions des associations citées ci-dessus et en particulier celles de l'ADMD sur le droit de mourir dans la dignité.
Il est rappelé l'importance des "Directives anticipées" qui sont désormais "opposables" et la demande d'une "aide active à mourir" déclinée en deux volets:
  • "l'euthanasie active" (substance létale administrée par un tiers faisant partie de l'équipe médicale)
  • le "suicide assisté".
L'importance du vocabulaire est souligné en particulier en ce qui concerne "l'euthanasie" et le "suicide" qui sont des mots pouvant avoir un caractère de "repoussoir" pour le grand public.
Après des témoignages sur la difficulté d'être acteur de "l'euthanasie active" et l'importance de la rédaction des "directives anticipées (en paticulier le choix de la ou les personnes de confiance), la discussion s'engage sur les différentes solutions offertes dans d'autres pays (Belgique, Suisse, Pays Bas).
Il a aussi été question du peu d'empressement de nos élus nationaux (députés et sénateur) d'accepter de dialoguer avec les citoyens sur cette question.

Conclusion
Au regard de la liberté de conscience reconnue à tout individu par la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 et compte tenu également de la dépénalisation du suicide depuis la Révolution française, la sédation profonde et continue ne répond pas à tous les cas de détresse des patients face à la maladie. Elle obéit seulement au principe du double effet selon lequel une mesure prise à des fins compassionnelles peut entraîner, sans qu’on l’ait voulu, la mort. De surcroît, elle ne résout pas le désarroi des personnels soignants face à la souffrance et à la mort ni le problème de l’existence d’euthanasies clandestines dans les hôpitaux en dehors de tout encadrement légal. On en compterait de trois à quatre mille.
C’est pourquoi, à l’instar de ce qui se pratique dans des pays voisins, notamment la Belgique et la Suisse, la FNLP est favorable à la création d’un droit à une aide à mourir en faveur des malades atteints de maladies incurables et subissant des souffrances insupportables. Deux solutions pourraient être offertes aux intéressés :
  • la satisfaction par une équipe médicale d’une demande réitérée de mourir en cas de maladie incurable présentée par toute personne majeure ou, à défaut, en cas notamment d’altération de la conscience, d’une demande présentée par un tiers de confiance ;
  • le bénéfice d’un produit létal fourni dans le cadre d’un suicide assisté.


Pour tout renseignement complémentaire
Fédération du Cantal de la Libre Pensée
Maison des Associations 8 Place de la Paix
15000 AURILLAC
@ mail : lpcantal@orange.fr
 
Retourner au contenu