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«les religions contre les femmes»

 
Les religions contre les femmes (libre débat 1er février 2017)
Introduction au libre débat par Nicole FOURCADE
 
 
C'est à partir de la hiérarchisation Homme/femme déterminée par l'existence sociale que se joue le sort des femmes depuis les origine de l'humanité. Dans les temps reculés, alors que hommes et femmes vivaient de cueillette et de chasse, la division des rôles n'impliquait pas de hiérarchisation, les femmes étaient importantes et avaient leur place dans la société.
 
C'est à partir de l'apparition de l'élevage (les hommes contrôlant les troupeaux) que la hiérarchisation va se développer et accompagner les modifications des rapports sociaux. C'est ainsi que sur des millénaires apparaissent des pouvoirs réservés exclusivement aux hommes (les prêtres au service du savoir, des scribes au service de l'État) comme ce fut le cas en Mésopotamie , Moyen-Orient...
 

Dans l'Antiquité, les femmes n'ont ni rang élevé ni statut. ARISTOTE soutenait que «Le mâle est supérieur  par nature et que la femelle est inférieure». Les philosophes grecs ont théorisé l'infériorité de la femme :ainsi PLATON dans «La République» dit: «le genre humain se partage en mâles et femelles, comme les nombres pairs et impairs.Mais les nombres pairs et impairs ne sont pas équivalents». Seul EPICURE prendra en considération les femmes en les accueillant dans son jardin, à égalité avec les hommes.
 
Chez les Romains, la notion de « Pater familias» prend fondement sur la notion de possession des biens plutôt que sur la notion de paternité.. C'est ainsi que ce que l'on nomme «patrimoine» et donc sa transmission, va découler du contrôle de la fécondité des femmes. Cela contribue à modifier la place de la femme dans la société.
 
Dans un même temps, les conceptions religieuses vont évoluer.
 
La conception monothéiste d'un Dieu unique et éternel va remplacer les conceptions polythéistes.
 

C'est au début du 4ème siècle que l'Empereur CONTANTIN va conférer à la religion chrétienne une place privilégiée : le christianisme va combattre toute forme de paganisme. En 380, l'Empereur THEODOSE proclame la foi chrétienne comme étant religion officielle de l'Empire. Les chrétiens, de persécutés, deviennent des persécuteurs. HYPATIE d ALEXANDRIE, va être victime des «hommes de main» de l'Évêque CYRILLE qui pourchassent ceux qui ne se conforment pas aux dogmes chrétiens. Cette femme philosophe, mathématicienne, astronome soutient l'héliocentrisme contrairement à la doctrine chrétienne du géocentrisme. De plus elle s'exprime en public et parle « d'égale à égal » avec les hommes. Elle va donc être considérée comme ennemie du christianisme.
 

Rappelons nous que PAUL, au 1er siècle, prescrivait « Que les femmes se taisent dans les assembléeet leur prescrivait le voile:« L'homme ne doit pas se couvrir la tête parce qu'il est l'image et le reflet de Dieu.Quant à la femme, elle est le reflet de l'homme. Voilà pourquoi elle doit avoir sur la tête un signe de sujétion». Dans la continuité, AUGUSTIN vers 400 disait: « Je ne vois pas quelle utilisation peut faire l'homme de la femme, si on exclut la fonction d'élever les enfants».
 

La religion hébraïque ne considère pas mieux les femmes. La Torah, véritable guide de vie, fondé sur les 5 livres de Moïse, précise: «Mieux vaut brûler la Torah que de la confier à une femme» Encore de nos jours, dans leurs prières, des hommes remercient Dieu de ne pas être nés femmes.
 
Il en est de même pour l'Islam qui n'apparaît qu'au 7eme siècle. La société est fondée jusqu'alors sur un système tribal avec des dieux multiples dont ALLAH. C'est en dirigeant politique et homme de guerre que MAHOMET va se présenter comme le représentant d’Allah dont il fait un Dieu.
 
Dans le CORAN la femme est considérée aussi comme le bien de l'homme.
 
«Les femmes sont votre champ. Cultivez le de la manière dont vous l'entendrez, ayant fait quelque acte de piétéet comme tout bien de consommation, la femme peut être répudiée lorsqu'elle n'a plus les faveurs de l'utilisateur.
 
Ces hommes  de guerre vont s'enrichir à travers les conquêtes et le nombre des esclaves va se multiplier. Cela va conduire à créer des signes distinctifs pour les femmes: On va distinguer les femmes esclaves allant tête nue des épouses voilées. La société contrôle ainsi les esclaves et les épouses.
 

Ce que l'on constate c'est que l'ordre social hiérarchisé, pour perdurer, a besoin de l'appui des religions afin d'assurer la soumission des femmes et des hommes à l'injustice sociale.  

 
C'est ce que NAPOLEON, des siècles plus tard va soutenir en disant: «L'inégalité des fortunes ne peut exister sans religion .Quand un homme meurt de faim à côté d'un autre qui regorge, il est impossible d'accepter cette différence s'il n'y a pas une autorité qui lui dise: Dieu le veut ainsi».
 
Pour ce qui est des femmes, en particulier, la religion édicte que la femme est soumise à l'homme car elle n'est que le reflet de l'homme et le mythe du péché originel fait d'elle une paria qui ne mérite que la souffrance des grossesses, l'enfantement dans les douleurs et la domination de son mari ( Genèse 3.16 )
 
Mais sauvées par la maternité, l'unique rôle qui est attribué aux femmes est la procréation.
 
Les religions inculquent aux femmes les notions d'infériorité et de soumission.
 

C'est sans compter avec une femme d'esprit libre, proche de MONTAIGNE, Marie de GOURNAY qui, dès 1622, s'exprime ainsi « La notion d'égalité doit supplanter le jeu rhétorique entre la supériorité et l'infériorité d'un sexe ou de l'autre ». C'est une femme  remarquable par ses prises de position sur la question des femmes et par  son texte « De l’égalité des hommes et des femmes »
 
C'est sans compter aussi avec l'aspiration universelle des femmes et des hommes à s'émanciper face à la misère et au dénuement  vécus par les populations.
 
Les femmes vont, en France participer aux jacqueries dans les années 1670.
 

Face aux difficultés sociales, (misère, famine, mortalité infantile...) ces femmes ne vont plus se soumettre au pouvoir et à l'autorité des hommes.
 

C'est l'esprit des Lumières qui développera au 18ème siècle cette aspiration des femmes à l'égalité  et à l'émancipation du genre humain.
 
CONDORCET écrivait: «Je crois que la loi ne devrait exclure les femmes d'aucune place...Songez qu'il s'agit des droits de la moitié du genre humain.Ce n'est pas la nature , c'est l'éducation , c'est l'existence sociale qui cause cette différence...»
 
Les Lumières sont bien à l'origine du féminisme et, comme le souligne David GOZLAN, «la liberté s'acquière quand le peuple rentre dans l'arène politique»
 
Les femmes sont présentent durant la Révolution Française. 1789 ouvre l'espace public aux femmes : elles participent pleinement aux cahiers de doléances en réclamant, entre autres, l'instruction. Elles se constituent en sociétés fraternelles mixtes, prennent la parole et participent aux votes. Les lois de septembre 1792 laïcisent l'État civil alors aux mains de l'Église et instaurent le divorce, la révolution revient sur la hiérarchisation des sexes instaurée par la Monarchie et la religion.
 
Toutefois, révolution bourgeoise, elle maintient la propriété privée, source des injustices sociales et comme on l'a vu, lieu d'enjeu pour le statut des femmes soumises à l'autorité des hommes et de la religion.
 
Au début du 19ème siècle le code Napoléon (1804), dans le droit fil de la conception de l'Église, fait de la femme une «mineure civile» la privant de droits juridiques comme les mineurs, les criminels et les débiles mentaux.
 
Pour l'Église catholique, c'est une époque de pleins pouvoirs dont les femmes vont être victimes cette période va s'étendre jusqu'à la chute du second Empire, en 1870.
 
Toutefois dès les années 1830, le mouvement d'émancipation des femmes renaît: Citons Flora TRISTAN qui va être aux racines de la Libre Pensée à travers son engagement social en militant pour le droit au divorce, l'abolition de la peine de mort, l'émancipation sociale. Dans son ouvrage «l'Union ouvrière», paru en 1843, elle en appelle déjà à la création d'une Association des travailleurs opprimés, sans distinction de métier, sans distinction de patrie, afin de conquérir sur les autres classes sociales, le droit à la vie. Elle lie la lutte contre l'exploitation au combat contre l'oppression des femmes et écrit: «L'homme le plus opprimé peut opprimer un être qui est sa femme; elle est le prolétaire du prolétaire même».
 
Jeanne DEROIN, refusant le suffrage exclusivement masculin réclame le droit de vote aux femmes.
 
 
Lors de la Commune de Paris en 1871, les femmes y tiendront une place capitale. La Commune déclarera la Séparation de l'Église et de l'État. Louise MICHEL soutient le principe que pour les femmes, «ce qu'il faut d'abord c'est l'instruction égale, un salaire égal et un «mariage libre» où l'homme ne sera plus le propriétaire de la femme» Paule MINCK s'exprime ainsi: « Le clergé est l'écrasement des consciences et la société dirigeante comprend que pour gouverner les masses , il faut le soldat pour comprimer et le clergé pour abrutir».
 
La Commune sera anéantie par les possédants et les religieux lors de la semaine sanglante.
 
En effet, l'Église se lèvera toujours contre tout mouvement d'émancipation des femmes et va militer systématiquement contre toute organisation des travailleurs qui ébranle le système social inégalitaire qu'elle soutient.
 
N'oublions pas qu'en 1854 est instauré le dogme de l'immaculée conception par le pape PIE IX qui se veut être un remède contre les révolutions et les hérésies. (1848 a chassé le Pape de Rome)
 

Cependant la classe ouvrière s'organise et, en septembre 1864, est fondée, a LONDRES, l'Association Internationale des Travailleurs (A.I.T- 1ère Internationale ouvrière). Dans les statuts est déclaré,entre autres, que :«...l'assujettissement économique du travailleur au détenteurs des moyens du travail, c'est -à-dire des sources de vie, est la cause première de la servitude dans toutes ses formes, de la misère sociale, de l'avilissement intellectuel et de la dépendance politiqu.
 
En 1880, est fondée, lors du Congrès de Bruxelles, l'Internationale des Libres Penseurs. Les femmes y sont présentes et participent aux débats à égalité avec les hommes :  Anne BESANT, Maria VERONE...Notons plus particulièrement Léonie ROUZADE, ouvrière, socialiste, anticléricale qui va fonder « l'Union des femmes socialistes de PARIS » en cette année 1880 et qui s'exprime ainsi « Quand la femme aura abandonné le clergé, elle pourra alors participer à la grande œuvre de la civilisation. »
 

Les femmes prennent leur place dans les luttes du mouvement ouvrier, s'affichent féministes et luttent pour qu'il y ait application rigoureuse de la formule économique « à production égale, salaire égal ».
 

Hansi BRÉMOND signifie bien que, si le courant féministe s'est trouvé renforcé grâce au mouvement ouvrier, si des progrès ont été faits, de nos jours encore, « l'égalité salariale n'est toujours pas une réalité ». On peut souligner que la civilisation c'est aussi l'expression artistique.
 
Les dogmes et les interdits édictés par les cultes, alliés des pouvoirs politiques, excluent les femmes de la scène pendant de longues périodes : théâtre grec, théâtre Nô, théâtre élisabéthain.
 
Elles sont ensuite admises comme comédiennes, mais n'ont pas la possibilité de prendre la parole en leur nom.
 

Cependant, au début du xxème siècle, Nelly ROUSSEL (1878-1922) termine ses conférences par la lecture d'une pièce écrite par elle, intitulée « Par la révolte »  qu'elle fait jouer quand elle en a l'occasion. Cette pièce appelle les femmes à se révolter et à se libérer. Elle écrit aussi la pièce « La faute d'Ève ». Nelly ROUSSEL y montre Ève, ravie d'être chassée du paradis terrestre pour connaître la liberté, qui console Adam terrorisé.
 
Rappelons que Nelly ROUSSEL s'exprimait ainsi : « Plus on établira que l'homme et la femme sont différents et destinés à se compléter, plus nous verrons que logiquement, ils ne peuvent se passer l'un de l'autre, que nulle œuvre n'est durable et parfaite sans l'accord étroit, continu de deux éléments de l'humanité. »
 

En 1902 et 1904, Vera STARKOFF, socialiste et féministe écrit et fait jouer ses pièces dans les Universités Populaires. Elles ont pour titre « L'Amour libre » et «L'issue » et dénoncent l'oppression des femmes. Véra STARKOFF (1867-1923) est le pseudonyme d'une émigrée russe qui s'inscrit, à Paris, dans un triple registre : les Universités populaires du début du XXè siècle (dont elle est une des fondatrices ) le socialisme, et l'écriture théâtrale.Elle est, après George SAND ou Louise MICHEL, l'une des premières femmes qui aient écrit pour le théâtre. Avec Nelly ROUSSEL, elle fait le choix d'un "théâtre de combat" et de critique sociale, Cependant, les femmes restent longtemps muettes au théâtre. Il faudra attendre 1968 pour que surgisse l'expression théâtrale des femmes.
 

Les femmes dans les arts sont aussi non reconnues et souvent considérées comme artistes mineures.Travail mineur donc sans intérêt, le travail des femmes n'est pas inclus dans les livres synthèse sur l'histoire de l'art, alors que les femmes artistes existent depuis que la notion d'artiste est apparue au XVIème siècle.  Ainsi, au début du xxème siècle,les catégorisations sont apparues, qui dit catégorie dit hiérarchisation.
 
Tel fut le sort de Artesima GENTILESCHI(1593-1652) artiste peintre et femme libre.
 

C'est bien ce que souligne D. GOZLAN dans  son texte « la vision du corps des femmes dans l'art et les médias » en écrivant : « La peinture est pendant longtemps  un monde d'hommes, et les femmes artistes ont toujours plus de mal à s'y faire reconnaître...La problématique se concentre sur le fait de savoir si elles n'auraient pas donné à l'Humanité des œuvres plus fortes si elles avaient été libérées des chaînes de leur maître".

 
Les femmes sont nombreuses à militer en faveur de la séparation de l'Église et de l'État ( loi de décembre 1905) qui assure la liberté de conscience et permet aux femmes de s'émanciper à égalité des hommes.

 
L'Église, de son côté,  se voyant dépossédée de ses privilèges, milite contre l'organisation des travailleurs, contre les syndicats naissants, menaçant du refus des sacrements ceux qui ne quittaient pas le syndicat:ce fut le cas pour les ouvrières de DOUARNENEZ, en 1905.
 
C'est en 1905, à Paris,que la Fédération Nationale de la Libre Pensée voit le jour. Nelly ROUSSEL y participe: elle fut une des premières femmes à se déclarer, dès 1902, en faveur de la contraception. Tout comme Odette LAGUERRE qui écrit dans le journal «La femme affranchie»: «La vraie femme sera celle qui ne sera mère qu'à son gré,à qui la maternité ne sera plus imposée ou défendue».

 
Ce qui est à souligner, cependant, c'est que, dans le droit fil des dogmes et interdits  de l'Église, les femmes  vont être soumises à la loi de 1920 ,qui rend illégaux contraception et avortement, jusqu'à la fin des années 1960.
 
Le code de la famille en 1939 va aggraver cette loi. Sous le régime de VICHY, la loi du 15 février 1942 va considérer l'avortement comme un crime contre la sécurité de l'État. C'est ainsi que le Conseil de l'Ordre des Médecins sera créé pour faire appliquer la répression contre l'avortement.
 
Cette période voit aussi la constitution de l'École des cadres d' URIAGE dont sont issus les hommes politiques qui vont être les «Pères de l' EUROPE»
 
Prônant le corporatisme et suivant la doctrine sociale de l'Église, se dresse alors un obstacle à l'aspiration d'émancipation des femmes et des hommes pour se libérer à la fois de l'exploitation capitaliste et de la mainmise des Églises sur leur conscience et sur leur corps.  

 
Le drapeau européen adopté en 1986, mais déjà choisi en 1955 par le Conseil de l'Europe est une référence directe au culte marial instauré par l'Église. On lit dans l'Apocalypse chapitre 2: «Un grand signe apparut dans le ciel, une femme vêtue de soleil avec la lune sous ses pieds et sur la tête , une couronne de 12 étoiles»
 
Je me réfère, ici, à Roger DE NASCIMENTO, qui écrit: « Une Europe imbibée de légendes religieuses ne peut que constituer un terreau favorable à l'instauration d'une Europe vaticane dont l'étendard est  sa création. Devant ce qui reste un signe religieux manifeste, il n'est nul besoin pour le pape Jean Paul II de faire mystère de la Doctrine sociale de l'Église; les appels sont donc incessants à une recolonisation des institutions européennes».

 
C'est ainsi que la COMECE qui est la Commission Épiscopale de la Communauté Européenne, siège à BRUXELLES, accompagnant et analysant le processus de l'Union Européenne. Elle est composée d'évêques délégués par les conférences épiscopales des États membres de l'Union européenne et possède un Secrétariat permanent à BRUXELLES. L'Église reconquiert ainsi un pouvoir dont la Révolution de 1789 et la loi de Séparation des Église et de l'État de 1905 l'avait dépossédée.
 

Le corporatisme fait référence à une société organisée comme une famille, comme un corps humain «à la solidarité organique». Mais «les organes du corps humain ne sont pas égaux entre eux». Comme le formule  Jean-Marc SCHIAPPA, l'égalité des droits est rejetée.
 
Ces droits ont été conquis par les femmes et les hommes En 1945, les conquêtes sociale (Allocations familiales, sécurité sociale...) vont contribuer à mettre un terme à une situation qui interdisait aux femme les moyens de contraception. Considérant que l'absence de contraception est dangereuse pour la santé, pour le bonheur tout simplement des femmes et des hommes, les francs-maçons, la Ligue des Droits de l'Homme, l'Union Rationaliste, les Libres Penseurs se sont mobilisés.«La contraception et l' I.V.G. sont des conquête démocratiques arrachées par des décennies de luttes, notamment des femmes,mais pas seulement ».
 

C'est ainsi que l'Association «La maternité heureuse» créée par le Docteur Marie-Andrée LAGROUA WEILL-HALLÉ va devenir le Mouvement français pour le planning familial en 1960.
 
« La Maternité heureuse », composée de vingt-trois femmes dont la majorité exerce une activité professionnelle (médecin, juriste, professeur, journaliste, représentante d’association nationale) repose sur trois orientations : étude des problèmes de la maternité, de la natalité, de ses répercussions familiales, sociales, nationales ; recherche des informations scientifiques françaises et étrangères relatives à ces questions ; étude de tout problème pouvant améliorer les conditions de la maternité et de la naissance . La reconnaissance du principe même de la contraception et son application au nom du respect des droits individuels constituent les fondements de l’association qui se démarque des courants malthusiens. « C’est ainsi que le dilemme pour nous n’existe pas, entre l’intérêt immédiat et individuel de la femme et l’intérêt national”. « Nous pensons même que travailler à la sauvegarde de l’un est la meilleure garantie de la sauvegarde de l’autre  » écrit Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé.

 
C'est en 1961 que le Docteur Henri FABRE, Libre Penseur, va ouvrir le premier centre de Planning familial à Grenoble en 1961 et interviendra au Congrès National de la Libre Pensée en 1964 ; son rapport sera publié sous forme de brochure intitulée «La position de l'Église face au planning familial »
 
Force est de constater que, face à cette volonté d'émancipation, l'Église défend une conception des droits de la femme digne du Moyen-Âge.
 
C'est ainsi que, «face aux nouvelles menaces planant sur la vie humaine», Jean-Paul II a publié en 1995 l’encyclique «L’Évangile de la vie». Il y est écrit:
 
« Tout ce qui s'oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d'homicide, le génocide, l'avortement, l'euthanasie et même le suicide délibéré corrompent la civilisation,  déshonorent ceux qui s'y livrent plus encore que ceux qui les subissent, et elles insultent gravement à l'honneur du Créateur ».
 
C'est ainsi que les réseaux catholiques anti-IVG se dissimulant derrière des sites  tels que SOS bébé ou Écoute IVG «privilégient un discours anti-IVG visant à inciter les femmes à ne pas avorter

 
C'est ainsi que, dans la continuité de ses prédécesseurs,le pape actuel, dit François, affirme son soutien à une «Marche pour la vie» qui a réuni dimanche 22 janvier à Paris des manifestants hostiles à l’interruption volontaire de grossesse, dans une lettre rendue publique.
 
Le pape «salue cordialement les participants à cette manifestation », écrit le nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) en France, Mgr Luigi VENTUREA ajoutant : «Au-delà de la légitime manifestation en faveur de la défense de la vie humaine, le Saint-Père encourage les participants de la Marche pour la vie à œuvrer sans relâche pour l’édification d’une civilisation de l’amour et d’une culture de la vie»

 
Comme ses prédécesseurs, le pape François, fidèle à la doctrine de l’Église catholique, est un fervent opposant à l’avortement. Les manifestations pro vie ont lieu depuis les années 2005, dans le monde entier comme au CHILI, au CANADA où la « Coalition nationale pour la vie » demande l'interdiction de l'avortement et du suicide assisté.
 
En EUROPE,il existe cinq pays qui n’autorisent pas l’IVG, sauf circonstances exceptionnelles : la Pologne, l'Irlande,Chypre, Andorre et Malte.
 
·En  POLOGNE, l’IVG est permise uniquement dans les cas de viol, d’inceste et de malformations fœtales graves. Le pays a autorisé l’avortement jusqu’en 1997.
 
·CHYPRE suit les mêmes règles, l’IVG n’étant autorisée qu’en cas de problèmes médicaux, de viol ou de malformations du fœtus.
 
·En ANDORRE, l’avortement est interdit, sauf s’il y a un vrai risque pour la santé de la femme.
 
·En IRLANDE, depuis 2013, l’avortement est permis uniquement si la poursuite de la grossesse fait courir à la femme un « risque réel et substantiel », qui doit être justifié par deux médecins. Depuis le suicide d’une jeune femme s’étant vu refuser une IVG, le risque suicidaire est pris en compte – à condition d’avoir l’avis unanime de deux psychiatres et d’un obstétricien. Un projet de loi pour l'I.V.G. sans restriction a été rejeté en 2016.
 
·À MALTE, l’avortement est strictement interdit quelle que soit la situation.
 
Dans tous ces pays, les peines encourues peuvent aller jusqu’à trois ans de prison pour la femme et le médecin qui a pratiqué l’IVG, en Pologne ou à Malte par exemple.
 
 
En Espagne, le 17 octobre 2009, plus d'un million de personnes ont défilé à Madrid contre la légalisation de l'avortement. Depuis 2010, la loi autorise l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse et 22 semaines de grossesse en cas de malformation du fœtus. En décembre 2013, un projet de loi est présenté pour interdire l'avortement, sauf en cas de viol ou de danger pour la santé physique ou psychique de la mère. Le 23 septembre 2014, le projet de loi est retiré, faute de consensus au sein de la majorité. Le Sénat espagnol a définitivement approuvé la réforme de la loi sur l’avortement, qui interdit aux mineures d’avorter sans consentement parental, une version assouplie d’une réforme vivement contestée par l’opposition.
 
En France, Le collectif «En marche pour la vie», qui regroupe cinq associations dont « Choisir la vie », « la fondation Lejeune », « Renaissance catholique » ou « les Survivants », a publié un encart de sa campagne « IVG tous concernés » dans des médias, (notamment Le Figaro) et fait une campagne à travers de nombreuses affiches placardées sauvagement..
 
En effet, l'Assemblée nationale doit se prononcer sur l’adoption définitive d’une proposition de loi prévoyant de pénaliser les sites pratiquant de la « désinformation » sur l’IVG, adoptée début décembre au Sénat. L’Église catholique en France, par la voix de ses évêques, a vivement critiqué la création de ce délit d’entrave numérique, dénonçant une atteinte « grave » aux libertés.

 
Est-il besoin de rappeler que le long combat pour les femmes à disposer de leur corps a toujours rencontré l'hostilité l'hostilité de l'Église.
 
Les années 1960-1970 furent une période de progrès réels pour les revendications des femmes. Cependant, les décrets d'application de la loi NEUWIRTH de 1967 concernant la contraception, ne parurent qu'entre 1969 et 1972.
 
Entre temps, en 1968, Paul VI avait publié une lettre encyclique « Humanae vitae »
 
condamnant les méthodes contraceptives, spécialement la pilule.
 
Il y écrit «La vie humaine est sacrée, rappelait Jean XXIII; dès son origine, elle engage directement l'action créatrice de Dieu . "et y dénonce les moyens illicites de régulation des naissances : « En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, nous devons encore une fois déclarer qu'est absolument à exclure, comme moyen licite de régulation des naissances, l'interruption directe du processus de génération déjà engagé, et surtout l'avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques .
 
Est pareillement à exclure, comme le Magistère de l'Église l'a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu'elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l'homme que chez la femme .
 
Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation

 
La loi concernant l'I.V.G. (janvier 1975) fut arrachée grâce aux luttes menées par des milliers de femmes sur de longues années.

 
L'Église soutient la droite cléricale «déguisée en droite sociale» qui combat contre le PACS, le mariage pour tous, l' I.V.G., la procréation médicalement assistée (P.M.A), le suicide assisté.
 
Voici ce que dit l'Église : « Malheureusement, l'étroite connexion que l'on rencontre dans les mentalités entre la pratique de la contraception et celle de l'avortement se manifeste toujours plus; et cela est aussi confirmé de manière alarmante par la mise au point de préparations chimiques, de dispositifs intra-utérins et de vaccins qui, distribués avec la même facilité que les moyens contraceptifs, agissent en réalité comme des moyens abortifs aux tout premiers stades du développement de la vie du nouvel individu.
 
Même les diverses techniques de reproduction artificielle, qui sembleraient être au service de la vie et qui sont des pratiques comportant assez souvent cette intention, ouvrent en réalité la porte à de nouveaux attentats contre la vie. Mis à part le fait qu'elles sont moralement inacceptables parce qu'elles séparent la procréation du contexte intégralement humain de l'acte conjugal, ces techniques enregistrent aussi de hauts pourcentages d'échec, non seulement en ce qui concerne la fécondation, mais aussi le développement ultérieur de l'embryon, exposé au risque de mort dans des délais généralement très brefs. En outre, on produit parfois des embryons en nombre supérieur à ce qui est nécessaire pour l'implantation dans l'utérus de la femme et ces « embryons surnuméraires », comme on les appelle, sont ensuite sup- primés ou utilisés pour des recherches qui, sous prétexte de progrès scientifique ou médical, réduisent en réalité la vie humaine à un simple « matériel biologique » dont on peut librement disposer.
 
Le diagnostic prénatal, qui ne soulève pas de difficultés morales s'il est effectué pour déterminer les soins éventuellement nécessaires à l'enfant non encore né, devient trop souvent une occasion de proposer et de provoquer l'avortement. C'est l'avortement eugénique, dont la légitimation dans l'opinion publique naît d'une mentalité — perçue à tort comme en harmonie avec les exigences « thérapeutiques » — qui accueille la vie seulement à certaines conditions et qui refuse la limite, le handicap, l'infirmité.
 
Des menaces non moins graves pèsent aussi sur les malades incurables et sur les mourants, dans un contexte social et culturel qui, augmentant la difficulté d'affronter et de supporter la souffrance, rend plus forte la tentation de résoudre le problème de la souffrance en l'éliminant à la racine par l'anticipation de la mort au moment considéré comme le plus opportun ».(Lettre encyclique  EVANGELIUM VITAE )

C'est ainsi que « les cultes n'ont de cesse de combattre toute liberté, grande ou petite conquise en faveur des femmes » Ces libertés concernent évidemment l'ensemble de l'humanité.

 
C'est pourquoi la Laïcité est toujours au cœur des questions de société.
 
Face aux Églises qui prétendant régenter les étapes de la vie humaine ( conception, naissance, mort), le principe de Laïcité offre un chemin de liberté et d'émancipation  aux femmes et aux hommes. Ce principe ne repose pas sur l'interdit mais sur la possibilité de dire oui à sa conscience et de résister à la pression cléricale.
 
Dans la continuité des combats de ces femmes dans et avec la Libre Pensée, il est toujours d'actualité de défendre le principe de laïcité afin de promouvoir l'égalité et l'émancipation du genre humain.

 
 
conclusion du libre débat par Roger De Nascimento
 
 
Le crime social de la religion contre le genre humain (dont les femmes composent plus de la moitié) continue encore aujourd'hui à faire des ravages.
 
Aujourd'hui, tout le monde se déclare préoccupé par la situation des femmes, cependant, nous l'avons vu, l'enfer est pavé de bonnes intentions!
 
Là, on les habille d'un "voile" pour les protéger et on leur interdit de travailler pour les mêmes raisons.
 
Là, on rédige une encyclique à leur gloire, on les encense, mais on justifie l'inégalité et on les cantonne dans le don de soi...
 
A chaque fois, on justifie l'inégalité des droits et des devoirs par les différences physiques entre hommes et femmes...
 
Aucune différence réelle ou supposée ne doit ou ne peut justifier une inégalité des droits et des devoirs. Admettre la moindre différence des droits c'est admettre la supériorité d'individus sur d'autres, c'est établir une hiérarchie entre les êtres humains, c'est les diviser et finalement menacer les libertés de tous.
 
Accorder des droits et des devoirs différents selon les appartenances à de prétendues communautés éthiques, religieuses, sexuelles etc... revient à compartimenter les êtres humains dans des cases dont ils ne pourraient plus sortir. L'individu serait tenu de se comporter en accord avec "ses appartenances" et sa liberté serait fortement réduite.
 
En matière d'égalité des sexes, il ne s'agit pas d'un combat des femmes contre les hommes, il s'agit de continuer la lutte multiséculaire des progressistes, hommes ou femmes contre les réactionnaires hommes ou femmes.
 
Partout où les inégalités se produisent, les libres penseurs doivent réagir et promouvoir l'égalité de tous.
 
Les inégalités sociales constituent les inégalités les plus criantes, elles sont la source de toutes les inégalités.
 
Les nantis de ce monde n'ont aucun intérêt à perdre leurs nombreux avantages et en fait ne souhaitent pas vivre à égalité avec le reste de l'humanité. Pour ne pas perdre leurs privilèges, ils doivent canaliser et soumettre une partie de l'humanité.
 
Les religions et le communautarisme (souvent liés) trouvent leurs origines dans cette domination d'une minorité de puissants sur une large majorité de dominés.
 
En conclusion on peut rappeler pour nous la nécessité de combattre toute forme de discrimination en mettant en avant les principes d'égalité, de liberté et de laïcité tout en expliquant que l'émancipation totale de l'humanité est impossible tant que subsistera la plus grande des inégalités: la domination d'une classe sur une autre.
 
Toutes nos luttes émancipatrices doivent être intégrées à la lutte contre l'exploitation économique.
 
 
                                                                                                        
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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