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Libres débats de la libre pensée

mercredi 2 novembre 2016

à AURILLAC

Le pacifisme antimilitariste
et internationaliste de la Libre Pensée

Extraits et conclusion (Nicole Fourcade et Roger De Nascimento)

 
Sur le terrain traditionnel qui est le sien, celui du pacifisme internationaliste et sur celui de l’antimilitarisme, la Libre pensée n’entend pas renoncer à ce qu’elle est (une association loi 1901) et n’entend pas non plus devenir ce qu’elle n’est pas ou devenir ce qu’elle ne peut pas être . (elle n’est pas un parti politique).
 
Eugène DEBS, homme politique et syndicaliste américain disait « qu’il n’y avait qu’une seule guerre légitime, celle des pauvres contre les riches ».
 
« La guerre des pauvres contre les riches » c’est toujours une guerre défensive, c’est une guerre non choisie, c’est une guerre à laquelle les pauvres se résignent quand ils ne peuvent pas faire autrement. La formule est suffisamment vaste pour englober :
 
·         la guerre révolutionnaire de 1792-94 contre les monarchies européennes coalisées qui voulaient abattre la Révolution française,
 
·         la guerre des nordistes anti-esclavagistes aux Etats Unis contre les sudistes esclavagistes,
 
·         les guerres des peuples colonisés, obligés de prendre les armes pour se libérer de l’impérialisme colonisateur.
 
On pourrait compléter cette énumération, mais il me semble qu’elle suffit à faire comprendre que, dans certaines de ces situations, vécues naguère et qui réapparaissent aujourd’hui sous d’autres formes, la Libre pensée a su faire et continue à faire le distinguo entre les deux camps.
 
 
Alors, on pourrait dire que le pacifisme de la Libre pensée trouve là ses limites. Si on veut dire par là que la Libre pensée ne détient pas toutes les clés pour résoudre, au mieux, dans la paix et la fraternité, les conflits qui opposent :
 
·         les démocrates aux réactionnaires,
 
·         les victimes à leurs bourreaux et
 
·         les exploités aux exploiteurs,
 
C’est hélas vrai.
 
Rappelons-nous que notre pacifisme est « internationaliste », c’est-à-dire qu'il met au dessus de toute considération, l’avenir de l’humanité.
 
L’armée française est présente aujourd'hui sur tous les continents pour faire régner un ordre qui n’est pas toujours celui des peuples et qui n’est pas toujours celui des nations libres.
 
En ces temps de commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918, comment ne pas penser à ce que proclamait le Manifeste de Zimmerwald en 1915 (Du 5 au 8 septembre 1915 a eu lieu à Zimmerwald (Suisse) une Conférence socialiste internationale, la première réunion générale des socialistes internationaux depuis le commencement de la guerre.) :
 
« Les institutions du régime capitaliste qui disposent du sort de peuples,
 
     
  • les gouvernements      (monarchiques ou républicains),
  •  
  • la diplomatie secrète,
  •  
  • les puissantes organisations patronales,
  •  
  • les partis bourgeois,
  •  
  • la presse capitaliste,
  •  
  • l’Eglise –
 
sur elles repose toute la responsabilité de cette guerre, surgie d’un ordre social qui les nourrit. »
 
 
Comment ne pas voir aussi la clairvoyance du Manifeste de Kienthal en 1916 :
 
« Cette guerre, peuples travailleurs, n'est pas la vôtre, mais vous en êtes les victimes »
 
« Ni vainqueurs ni vaincus, ou plutôt tous vaincus, c’est-à-dire tous saignés, tous épuisés : tel sera le bilan de cette folie guerrière. Les classes dirigeantes peuvent ainsi constater la vanité de leurs rêves de domination impérialiste…
 
Le vrai but de cette boucherie mondiale est, pour les uns de s’assurer la possession du butin qu’ils ont rassemblé pendant des siècles et au cours d’autres guerres; pour les autres d’aboutir à un nouveau partage du monde, afin d’augmenter leur lot en annexant des territoires, en écartelant des peuples, en les rabaissant au niveau des parias. Vos gouvernements vous disent qu’il faut continuer la guerre pour tuer le militarisme. Ils vous trompent. Le militarisme d’un peuple ne peut être ruiné que par ce peuple lui-même. Et le militarisme devra être ruiné dans tous les pays…".
 
On peut dire que ces deux textes sont hélas encore d’actualité aujourd’hui.
 
Un des aspects de notre action concerne le travail pacifiste et internationaliste organisé autour des monuments aux morts présentant la particularité d’être pacifistes.
 
La date du 11 novembre est celle où a lieu le plus grand nombre de rassemblements pacifistes, en général après les cérémonies officielles.
 
Le premier d’entre eux, premier chronologiquement et aussi par la notoriété et le nombre de participants (de 3 à 500) est celui de GENTIOUX dans la Creuse, où l’écolier en blouse des années 1920 brandit le poing devant la plaque où sont gravés ces mots : « Maudite soit la guerre ».
 
A quelques kilomètres de là se trouve le camp militaire de la Courtine où ont été parqués les régiments russes dont les soldats avaient refusé de poursuivre la guerre pour retourner chez eux après la Révolution de février 1917. Ces soldats organisés en « soviet » ont été canonnés par les régiments commandés par des officiers russes et français jusqu’à ce que leur reddition soit obtenue. Les survivants ont ensuite été dispersés soit en prison, soit dans des régiments disciplinaires, soit dans des bagnes en ALGERIE.
 
Le combat central est encore aujourd’hui la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.
 
La forme que doit prendre, en France un acte de cette importance est, selon nous, celle de la réhabilitation pleine et entière des plus de 600 fusillés français.
 
Combattre pour la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple, ce n’est pas un simple devoir de justice pour le passé, c’est un formidable message pour le présent et pour l’avenir.
 
Réhabiliter les Fusillés,
 
·         c’est refuser l’arbitraire
 
·         c’est refuser le crime institutionnel en toutes circonstances,
 
·         et c’est admettre comme principes démocratiques fondamentaux le droit à la désobéissance, le devoir de conscience et le désir de survivre.
 
« Maudite soit la guerre et ses auteurs (inscriptions sur les monuments de Gentioux et de St Martin d’Estreaux)
 
ou comme disaient les poilus : Guerre à la guerre !
 
Maudites soient toutes les guerres »
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