Lp cantalienne 110 - lp15

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Lp cantalienne 110

Actualité

Le numéro 110 de la Libre Pensée cantalienne va paraître


SOMMAIRE
 



page 2: Vie de la Fédération
page 3: Edito
Page 4, 5, 6 Blasphème
Page7, 8: Résolution générale 2020
Page 9,10,11: Les sociétés de contrôle
page 12: Librairie


 
Editorial

     Plus jamais ça!!!!!     

Quelques jours après avoir montré des caricatures de Mahomet en classe, Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), a été tué par un terroriste, à la sortie de son collège.

Le père de famille, quadragénaire, était connu pour son investissement auprès de ses élèves. « Il était à fond dans son métier », qu'il « aimait beaucoup »,. « Il voulait vraiment nous apprendre des choses. De temps en temps, on faisait des débats, on parlait »,  a confié à l'AFP un de ses anciens élèves. En effet il dispensait depuis plusieurs années à ses élèves un cours de "liberté d'expression" en éducation morale et civique (EMC). C'est justement pendant un de ces cours qu'il a montré à ses élèves de 4e une des caricatures du prophète Mahomet publiées par Charlie Hebdo.

Cette attaque portée contre un enseignant vise le ciment de la République, le lieu même où l'on l'enseigne ce qui constitue la Nation et les conditions du vivre ensemble, où l'on apprend à chaque jeune à se doter d'un esprit critique lui permettant de s'émanciper librement, quelles que soient ses origines et ses croyances.

N'oublions pas que « le service public de l'enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l'objectivité du savoir ; il respecte la diversité des opinions. Il doit garantir à l'enseignement et à la recherche leurs possibilités de libre développement scientifique, créateur et critique » (Code de l'éducation, L.141-6).

La pédagogie que menait Samuel Paty, n'était ni une lubie, ni du militantisme, c'est au programme. C'est une mission de l'école publique et laïque, peut-être la plus sacrée, que d'expliquer aux élèves la culture satirique, la liberté d'expression, de former des citoyens libres, capables d'esprit critique... C'est plus que jamais nécessaire dans une société où n'importe quel élève peut être manipulé par le monde et la foule qui surgissent dans son téléphone portable. Samuel Paty n'a fait qu'appliquer le programme. D'ailleurs aucun élève ayant assisté à ce cours ne semble s'en être plaint, ils étaient tous en larmes. C'est la preuve que non seulement cette mission est importante mais qu'elle porte ses fruits.

La Libre Pensée condamne fermement et énergiquement cet acte odieux d'un fanatique religieux qui s'ajoute à d'autres assassinats commis par des religieux épris de haine envers l'Humanité. Elle assure sa famille, ses proches, ses collègues, ses amis de sa profonde empathie dans ce drame. Elle leur témoigne sa profonde solidarité dans cette cruelle épreuve.
Roger De Nascimento





Les “sociétés de contrôle”


En mai 1990, dans le numéro 1 de L'autre journal, le philosophe Gilles DELEUZE publie un court texte  intitulé « Post-scriptum sur les sociétés de contrôle ». Nous nous situons donc cinq années avant la disparition brutale, il y a vingt ans, de cet influent philosophe dont un retentissant témoignage posthume, L'Abécédaire de Gilles Deleuze, fut diffusé en 1996 sur Arte.
Ce texte offre une grille d'analyse de l'évolution de nos sociétés modernes  et aborde explicitement des thématiques d'organisation et de management et une mise en perspective de leurs pratiques, outils, technologies et symboles.


Des sociétés de souveraineté… aux sociétés disciplinaires
Les sociétés de souveraineté se situent avant le XVIIè  et  XVIIIè siècle. Elles se proposent de « prélever plutôt qu'organiser la production, décider de la mort plutôt que gérer la vie ».  Au lieu d'essayer d'arrêter tous les voleurs par exemple exemple, quand on en attrapait un on le tuait sur la place publique de façon particulièrement violente et ritualisée (écartèlement, démembrement, lapidation) tout le processus est très précis il doit faire peur pour inciter les gens à ne plus commettre de délits graves (meurtre, vols etc...) il n'est pas dans l'intention d'arrêter tous les criminels.(suite réservée aux abonnés).

Des sociétés disciplinaires… aux sociétés de contrôle
Les sociétés disciplinaires concernent les XVIIIe, XIXe et XXe siècles et « elles procèdent à l'organisation des grands milieux d'enfermement ». Les travaux de Michel Foucault montrent qu'elles reposent sur l'organisation, pour tous les individus, de passages d'un milieu clos à un autre milieu clos, « où on est censé chaque fois recommencer à zéro » et « chacun ayant ses lois ». Il évoque chronologiquement, la famille, l'école, la caserne, l'usine avec de temps en temps un passage à l'hôpital ou  plus durablement !  au cimetière. (suite réservée aux abonnés)

Des sociétés de contrôle… aux sociétés de contrôles
Les sociétés de contrôle apparaissent après la Seconde Guerre mondiale. Elles ne prélèvent plus, elles n'enferment plus, elles contrôlent ! « Dans les sociétés de discipline, on n'arrêtait pas de recommencer (de l'école à la caserne, de la caserne à l'usine), tandis que dans les sociétés de contrôle on n'en finit jamais avec rien. (...)  Le contrôle laisse la place aux contrôles. Ils s'installent à l'hôpital, à l'école, à l'université, à l'usine, dans les prisons, dans les rues… à mesure que les dispositifs échangent et inter opèrent en donnant naissance à un « système à géométrie variable » qui repose sur un langage numérique ne signifiant pas nécessairement binaire. Le langage du contrôle est numérique, le codage, est binaire. Le langage numérique permettra aux dispositifs de contrôle de communiquer entre eux et de jeter les fondations d'un contrôle des contrôles via notamment un implacable Internet des objets (Internet se transforme progressivement en un réseau étendu, appelé « Internet des objets », reliant tous les objets devenus connectables. (suite réservée aux abonnés).




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