LD Femmes guerre - lp15

Aller au contenu
Menu

LD Femmes guerre

libres débats
Fédération du Cantal de la Libre Pensée

Libre débat
Les femmes et la guerre
Introduction au libre débat Roger De Nascimento et Jean Michel Cathala

Les femmes sont-elles naturellement plus pacifistes que les hommes ?
 
 
Il est vrai que les femmes sont souvent perçues comme étant plus pacifistes que les hommes. Mais est-ce une idée reçue, est-ce un fait naturel ou encore le résultat d'un conditionnement exercé par une société patriarcale qui vise depuis des siècles à déresponsabiliser la gent féminine et à écarter les femmes des différents pouvoirs mis en place.
 
Cette croyance, bien entendu sert les intérêts d'une société inégalitaire. C'est une conséquence d'un conditionnement des femmes, organisé par une civilisation qui scinde en catégories les différentes parties qui la constituent dans le but de perdurer en l'état.
 
La théorie des rôles sociaux  (en sociologie, le rôle représente la manière dont un acteur doit se comporter et ainsi pouvoir être intégré au sein de son milieu social:
 
·         la division du travail dans la société prend la forme d'une interaction entre des positions spécialisées c'est ce qu'on appelle les rôles sociaux,
 
·         ces rôles sont des comportements attendus d'un individu ou d'une organisation dans l'exercice d'une fonction qui renvoie au statut social,
 
·         les personnes ou groupes de personnes qui occupent ces rôles sont définis comme des acteurs sociaux,
 
·         lorsqu'un rôle est légitime, les individus sont prêts à faire des efforts pour s'y conformer qui à punir ceux qui violent les normes sociales attachées à ce rôle).
 
La théorie des rôles sociaux, donc, apporte un éclairage qui ouvre la discussion sur la place de la femme dans les conflits et les armées. Une étude des aspirations des mouvements pacifistes et féministes ainsi qu'un rapide historique expliquent les liens qui existent entre ces deux mouvements.
 
Enfin, se pose la question du choix déterminant à opérer pour modifier la vision qu'a notre civilisation face à cette question.
 
Le pacifisme est une doctrine d'opposition à la guerre et à la violence étatique. Son but est la sauvegarde de la paix. C'est donc un concept et non un trait de caractère qui pourrait être expliqué par l'existence d'un gêne (il n'y a pas dans les individus homme ou femme de gêne du pacifisme). Des recherches récentes ont prouvé qu'il avait existé -par exemple des hommes vikings non violents et des femmes chefs d'armée belliqueuses.
 
Cela détruit le stéréotype commode qui voudrait que l'homme soit naturellement brutal alors que la femme serait moins encline à la violence. (Amazones, femmes soldats du Dahomey.)
 
  
D'où vient cette croyance populaire ?
 
 
Simone de Beauvoir apporte une partie de la réponse dans le "deuxième sexe". pour elle, l'attribution de la qualité de pacifique au genre féminin est le résultat d'un conditionnement subi par les femmes depuis leur plus jeune âge et cela dans quasiment toutes les sociétés. Les femmes évoluent dans une société patriarcale, la psychanalyse a donc étudié les femmes à travers le prisme masculin.
 
Il est souvent admis que la force physique et l'assouvissement du besoin de propriété soient des éléments valorisés puisque masculins, alors que les femmes sont cantonnées dans un rôle secondaire, dans des valeurs d'attachement au foyer et perçues comme des êtres plus proches de la nature, dotées d'instinct de protection et d'émotivité.
 
Il est vrai que notre culture valorise la virilité et par extension l'organe phallique en même temps qu'elle dévalorise la féminité en la jugeant inférieure et pour tout dire presque futile. elle prépare ainsi les petites filles en leur inculquant l'idée que leur futur rôle est de devenir des êtres subordonnés dont le seul destin épanouissant sera lié au mariage et à l'enfantement. "la galanterie écarte les femmes des joutes politiques où leur fragile beauté n'a rien à faire. Elles sont faites pour l'amour et le repos du guerrier non pour la guerre".
 
Ainsi, pendant des siècles (et encore aujourd'hui dans certaines zones du monde), les femmes ont eu peu accès à l'instruction et leur destinée était d'être épouse ou mère. L'idéologie de la mère bienfaitrice a donc perduré et contribué à écarter les femmes de la sphère publique et des pouvoirs religieux, politiques, économiques et militaires.
 
La théorie des rôles sociaux confirme ces propos en observant une répartition des hommes et des femmes dans des rôles inégaux. Simone de Beauvoir affirme que les femmes sont elles même en partie coupables de leur situation en se conformant au second principe de cette théorie qui précise que les individus s'adaptent à leur rôle en développant des traits spécifiques conformes à ce qu'on attend de leur genre.
 
Voilà donc une façon de penser qui apporte un éclairage sur la formation du stéréotype considérant les femmes comme des êtres naturellement pacifiques et pacifistes.

 
 
Une réalité différente
 
 
Il existe des situations où des femmes ont opté pour le conflit plutôt que pour l'apaisement.
 
Margaret Thatcher, alors premier ministre a lancé la guerre des Malouines et a par ailleurs augmenté à l'époque de plus de 75% le budget de la défense. D'autres, sans être ouvertement bellicistes ont pris des positions favorisant les conflits. Golda Meir, premier ministre d'Israël en niant l'existence d'un peuple palestinien, Madeleine Albright, membre du conseil de sécurité des USA en approuvant les sanctions internationales à l'égard de l'Irak.
 
Qu'elles soient dirigeantes, sympathisantes ou militaires, des femmes ont fait ou font la guerre. En 2014 il y avait 14% de femmes dans les armées occidentales (USA, France , Canada...), la même année on comptait dans le monde 45 femmes chargées des affaires étrangères, 7 femmes ministres de la défense.
 
Si  les femmes sont si peu enclines à supporter la guerre et sa violence c'est peut être dû au fait qu'elles en sont souvent les premières victimes. C'est une réflexion que partagent les organisations pacifistes et féministes et ce n'est pas leur seul point commun sur le plan de l'histoire.

 
 
Liens entre feminisme et pacifisme
 
 
Une approche féministe des mouvements pacifistes consiste à lutter pour mettre fin à la domination patriarcale qui est très marquée dans l'armée et qui est révélatrice des rapports sociaux inégaux entre hommes et femmes.
 
Les féministes et les pacifistes ont ceci en commun: souhaiter rendre possible des changements profonds dans la société pour faire cesser guerres et conflits mondiaux.
 
Le cliché sur les femmes plus pacifistes que les hommes est bien sûr très facile à formuler mais n'est pas très pertinent.
 
On peut émettre l'hypothèse que la guerre est due aux inégalités homme/femme. Donc on peut supposer que si la parité était respectée, notamment par le droit à l'égalité, alors la société serait plus pacifiste puisque les "valeurs féminines" seraient portées publiquement autant que la brutalité et "l'agressivité masculine". Seulement, de tout ceci, il est permis de douter.  

 
 
Un peu d'histoire
 
 
 

 
 
Au Vème siècle av JC en Grèce, Aristophane met son talent au service de la paix, il écrit entre autres pièces de théâtre une comédie: "Lysistrata". On y trouve un réquisitoire contre la guerre et ses ravages.
 
Pour la première fois, le héros de cette comédie est une femme. (On sait qu'à l'époque les rôles féminins sont tenus par des hommes). Son nom signifie étymologiquement, celle qui brise, qui désagrège l'armée. Pour faire la paix elle réalise l'union des femmes grecques, celles qui viennent d'Athènes, de Corinthe, de Sparte et de Thèbes. Unies, elles occupent l'Acropole. Bien sûr, les hommes s'opposent. Quelle est l'arme de ces femmes, la grève du sexe tant que durera la guerre.
 
Elle expose le programme des femmes. Il convient d'inverser les rôles: aux hommes le travail de la laine, un voile sur la tête, et le silence, aux femmes la parole et l'action pour "travailler ensemble au  salut de l'Hellade (région de Grèce)".
 
Aristophane donne ici un beau portrait de femme, énergique, efficace, libre dans sa parole et dans ses actes, qui n'hésite pas à transformer en force la faiblesse des femmes.

 
 
Quelques femmes combattantes
 
 
Le sexe faible, c'est ainsi que l'on a longtemps désigné la moitié de l'humanité. Longtemps on a pensé qu'elles n'étaient pas capables de participer à des combats guerriers, et lorsqu'elles y ont réussi, l'Histoire a cherché à les oublier.
 
La guerre peut-elle se réduire à une histoire de force physique et d'endurance ? il est bien évident qu'elle nécessite des compétences beaucoup plus variées: l'adresse, l'équilibre, la stratégie, la ruse, la nage, l'équitation  etc...
 
Dès qu'on parle des femmes guerrières de l'antiquité, on pense aux Amazones. Des fouilles menées de la Mer Noire à la Caspienne confirment l'existence de femmes guerrières on a trouvé un grand nombre de sépultures féminines avec des armes. Ces femmes, contrairement aux Amazones de la mythologie vivaient avec des hommes.
 
En Egypte, Ahhotep I reine d'Egypte a combattu les Hyksos. En Chine Fu Hao cheffe de guerre mène plusieurs campagnes, sa tombe retrouvée en 1976 contenait entre autres 130 armes de bronze, des pointes de flèches en os et de nombreux autres objets.
 
Dans le monde latin, au 3ème siècle avant JC, la reine Zénobie parvient à organiser la défense de son territoire face aux Perses.
 
Au 1er siècle, une reine celte Boadicée faillit mettre en échec l'invasion de la Bretagne par les romains.
 
Malgré une forte emprise du christianisme, avec son lot de sexisme, le Moyen Age connaît ses femmes combattantes, Jeanne d'Arc ou Jeanne Hachette.
 
Du XIIème au XVème siècles des femmes de l'aristocratie en France, en Ecosse, en Espagne et en Italie vont prendre les armes pour défendre leur château ou leur lignage.
 
Dans les armées viking au 9ème et Xème siècles, on trouve des femmes combattantes cheffes.
 
A la même époque, en Angleterre, une reine chrétienne prend les armes contre les Vikings.
 
Au Maghreb, au 7ème siècle une reine berbère connue sous le nom de Kahina combat les arabes musulmans.
 
Au 18ème siècle Mary Read et Anne Bonny sont des femmes pirates souvent déguisées en hommes qui sévissent dans les Caraïbes.
 
Des femmes amérindiennes ont mené des guerres de résistance contre les colons ou se révoltent contre les esclavagistes.
 
En 1861 meurt la plus célèbre des femmes soldats Marie Thérèse Figueur surnommée Madame Sans Gêne par ses frères d'armes en raison de son franc parler et de son caractère belliqueux.
 
Virginie Guesquière aussi appelée Joli Sergent rejoint le 27ème de ligne en 1806 avec l'identité de son frère jumeau. Elle obtient le grade de sergent à la bataille de Wagram, pour avoir sauvé son capitaine. Elle aurait reçu la Légion d'Honneur en 1811, elle quitte l'armée en 1808 après plusieurs blessures dont l'une a fait que son identité fut dévoilée.
 
Marie Angélique Duchemin ou Sergent liberté est la première femme à recevoir officiellement la distinction de Chevalier de la Légion d'Honneur en 1851.
 
Au Dahomey en 1892, l'armée française se retrouve face à des Amazones.
 
Au 20ème siècle on peut citer Calamity Jane, terreur de Far West.
 
En occident, les femmes sont le plus souvent tenues à l'écart des combats lors de la première guerre mondiale même si quelques unes, déguisées en hommes sont dans des régiments européens.
 
Des femmes participent à la Révolution russe et à la guerre civile en Espagne.
 
En URSS, des femmes sont snippers ou pilotes d'avion lors de la seconde guerre mondiale.
 
Au même moment des femmes s'engagent dans la Résistance. Aujourd'hui des femmes kurdes luttent contre Daesh.

 
 
La premiere guerre mondiale a-t-elle permis aux femmes de s'emanciper?
 
 
Une vision un peu simpliste veut que la première guerre mondiale a contribué à émanciper les femmes. Elles auraient ainsi prouvé leur capacité à travailler à égalité avec les hommes.
 
Si la société du 19ème siècle est largement sexiste (code civil, culte marial, ordre moral), il faut aussi rappeler qu'une perspective d'émancipation s'est ouverte depuis les Lumières et la Révolution française. Le rôle assigné à la femme comme mère et épouse est peu à peu battu en brèche par les revendications républicaines et ouvrières. A partir de 1880 et des lois scolaires les femmes accèdent enfin à l'école et à l'université.
 
Dès la fin du 19ème, au début de la première guerre mondiale, les droits des femmes progressent; salaire égal entre instituteurs et institutrices, droit de vote dans les conseils de Prud'hommes...
 
En France, chaque année 600 femmes sont bachelières, il y a quelques centaines de femmes médecin, quelques dizaines d'avocates et journalistes. en 1911, les femmes représentent 34% de la population active. En 1921 cette part atteindra 40% pour redescendre à 36% en 1926.
 
En 1914, avec la mobilisation de millions d'hommes, l'économie tourne au ralenti. Le 7 août le Président du Conseil Viviani appelle les femmes à remplacer leurs maris mobilisés.
 
Dans les usines, on leur donne des tâches adaptées aux aptitudes dites féminines, elles sont souvent sous les ordres de petits chefs. Sur le front l'infirmière s'impose comme un idéal féminin. Tandis que les hommes se battent, ces femmes soignent, lavent, consolent, aident à mourir.
 
Ces bouleversements ne renversent pas les préjugés sexistes.
 
En juillet 1915, Hélène Brion et Pierre Monate créent dans la CGT un Comité interprofessionnel d'action contre l'exploitation de la femme.
 
En 1917, alors que les mutineries éclatent au front, à l'arrière des centaines de grèves ont lieu.
 
En Allemagne, la militante socialiste Klara Zerkin rassemble à Berlin 500 femmes pour manifester contre la guerre et la vie chère.
 
A la fin de la guerre, le déficit masculin est important et il faut gagner sa vie. Dès le 13 novembre le décret du ministre Loubet ordonne la démobilisation des femmes, il convient de replacer tout le monde dans son rôle traditionnel.
 
Une politique nataliste sans précédent va être mise en place où l'Etat, encouragé par l'Eglise et les associations catholiques, il faut inciter les femmes à devenir mères et si possible de familles nombreuses.
 
En 1918, la France va importer de Grande Bretagne et des Etats Unis la fête des mères. Cette fête sera officialisée en 1926 et largement promue sous le régime de Vichy.
 
La première guerre mondiale est néanmoins une période marquante dans l'histoire de l'émancipation des femmes. Pendant cette période, les faits ont montré que les femmes pouvaient remplacer les hommes dans les tâches simples mais aussi dans d'autres plus complexes comme la gestion de certaines exploitations. Pourtant dans la presse, jusqu'à la fin de la guerre, on va les appeler les remplaçantes, ce qui veut tout dire.

 
 
Les femmes dans l'armée française aujourd'hui
 
 
Héritage du passé, "la galanterie écarte les femmes des joutes politiques où leur fragile beauté n'a rien à faire. Elles sont faites pour l'amour et le repos du guerrier non pour la guerre".
 
Parité et dénonciation du patriarcat oblige, les femmes prennent de plus en plus de place dans les armées. Le ministère des armées indique: "La féminisation dans l'armée de terre n'est pas un but à atteindre mais le reflet d'une réalité forte, avec, en 2016 un taux moyen de 10%. L'égalité est l'une des valeurs fondatrices des armées et, parce qu'elle est une figure de la nation, la défense se doit d'être exemplaire, qu'il s'agisse de la solde, de la carrière ou de l'accès aux responsabilités."
 
 
conclusion
 
 
Après ce débat deux certitudes peuvent se dégager:
 
·         NON les femmes ne sont pas naturellement pacifistes,
 
·         si la présence grandissante des femmes sur la place publique pour partager et transmettre leurs valeurs à tous les échelons de la société suffisait à conduire à une société plus pacifique et pacifiste, il resterait à tous les membres de cette société (hommes et femmes) qu'à agir pour sortir de l'immobilisme et du sentiment d'impuissance.
 
Il est temps désormais d'arrêter de croire aux stéréotypes et de construire en gardant le meilleur des qualités des deux sexes, une société à la hauteur de ses ambitions.

La prostitution en temps de guerre
 
 
Le rapport à la prostitution est complexe car elle est souvent perçue comme la forme ultime de l'exploitation des corps
 
Deux conceptions opposées de la prostitution s'affrontent aujourd'hui dans les débats. La première, défendue par le courant abolitionniste, la considère comme une forme moderne  d'esclavage et donc demande son abolition; la seconde, incarnée par les plus militantes des associations, la définit -à condition d'être librement consentie et exercée- comme un métier à part entière, exigeant même sa pleine reconnaissance.
 
A la fin des années 1970, la position des féministes radicales a été stigmatisée comme relevant d'un moralisme puritain par le courant adverse des féministes dites libertaires. Plutôt que de voir dans la sexualité une zone à risque pour les femmes, celles-ci l'envisagent comme un espace d'émancipation des normes patriarcales.
 
Donc, la prostitution, lorsqu'elle est exercée en toute indépendance, peut ouvrir à des rapports avec les hommes où ce sont les femmes qui occupent une position dominante en imposant les conditions d'exercice de la sexualité et en en retirant un bénéfice matériel.
 
En temps de guerre, la précarité augmente et de ce point de vue l'indépendance de la décision de faire de la prostitution son métier est mise à mal
 
Au delà de l'approche sociologique, la prostitution et la guerre trouvent un ancrage dans l'histoire:
 
·         Dans l'antiquité, Corinthe est considérée comme la ville grecque de la prostitution sacrée, le temple d'Aphrodite regroupait des hiérodules (des prostituées sacrées dévolues au service du temple). Lors des invasions, on leur demande d'offrir des prières et des sacrifices pour le salut des Grecs. En cas de victoire on place des ex voto dans le temple avec le nom de toutes les prostituées.  
 
·         Pendant les guerres napoléoniennes, l'armée ne disposait pas de prostituées officielles, mais la faim et la misère poussaient des femmes à se prostituer et à accepter les faveurs des soldats contre de la nourriture.
 
·         Pendant la Grande Guerre, les professionnelles du sexe n'avaient pas bonne presse. Alors qu'une vague de moralisme s'abat sur la France qui part en guerre, elles sont accusées de tous les maux. Les prostituées qui ont été envoyées loin du front ne tardent pas à y revenir. Elles savent que la clientèle des soldats les attend, les femmes des villages proches du front s'y livrent parfois elles-mêmes pour des raisons économiques.

 
 
BMC  bordels militaires de campagne
 
 
Très vite, les médecins militaires font part de leurs inquiétudes quant à la propagation des maladies: au moins 20 à 30% des hommes ont attrapé la syphilis pendant la guerre. C'est vrai pour les soldats mais aussi pour la population civile. Au cours de l'année 1915, l'armée prend les premières mesures pour tenter d'enrayer le fléau. Elle met en place des dispensaires: les médecins tentent de savoir, en interrogeant les hommes, pour savoir qui les a contaminé. Souvent ils sont incapables de s'en souvenir tellement les rapports sont rapides.
 
Durant le dernier semestre de 1918, l'état major français franchit en nouveau palier en important le concept de BMC (bordel militaire de campagne) déjà utilisé par l'armée d'Afrique lors de la conquête de l' Algérie. Après avoir trouvé des locaux l'armée sous-traite la gestion à des proxénètes.
 
Dans les rangs des autres belligérants le problème est aussi présents mais les méthodes diffèrent. L'armée américaine interdit à ses hommes de fréquenter les maisons closes. A St Nazaire, ils vont largement contribuer à la propagation de la syphilis en fréquentant des prostituées clandestines.
 
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les bordels militaires allemands ont été mis en place dans une grande parie de l'Europe occupée. Les femmes concernées étaient soit des prisonnières soit des femmes enlevées dans les rues des villes occupées par des rafles.
 
A la libération, les soldats américains encouragés par la propagande de l'armée américaine vont se livrer à une débauche incontrôlable.
 
Les unités de l'armée française venues d'Afrique du nord étaient accompagnées de BMC. Ces femmes les ont suivis jusqu'en Allemagne.
 
Pendant la guerre d'Indochine, la prostitution a continué avec des femmes du pays. Après la guerre d'Algérie, la légion étrangère a même ramené en France le système des BMC qui a subsisté jusqu'en 1978 dans quatre garnisons malgré la loi Marthe Richard de 1946. Le dernier BMC en territoire français a fermé ses portes en 1995 à Kourou en Guyane: "un proxénète local aurait porté plainte pour concurrence déloyale".
 
A travers ces quelques exemples on peut dire que si la guerre est surtout une histoire d'Homme, les hommes et les femmes en ont subi les conséquences. Loin de la raison et de la liberté de disposer de son corps, la prostitution en temps de guerre n'est pas compatible avec l'émancipation.

 
Conclusion
 
 
Après ce débat deux certitudes peuvent se dégager:
 
·         NON les femmes ne sont pas naturellement pacifistes,
 
·         si la présence grandissante des femmes sur la place publique pour partager et transmettre leurs valeurs à tous les échelons de la société suffisait à conduire à une société plus pacifique et pacifiste, il resterait à tous les membres de cette société (hommes et femmes) qu'à agir pour sortir de l'immobilisme et du sentiment d'impuissance.
 
Il est temps désormais d'arrêter de croire aux stéréotypes et de construire en gardant le meilleur des qualités des deux sexes, une société à la hauteur de ses ambitions.



Pour tout renseignement complémentaire
Fédération du Cantal de la Libre Pensée
Maison des Associations 8 Place de la Paix
15000 AURILLAC
@ mail : lpcantal15@gmail.com


Retourner au contenu