L D février - lp15

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L D février

libres débats
Libre débat de la libre pensée
Aurillac merdredi 7 février 2018 18h 15
maison des associations salle 2 (rez de chaussée)

l'Histoire, vérité, mythes ou mensonges ?
Introduction Roger De Nascimento

Selon le philosophe anglais  Robin Collingwood, « l'importance de l'histoire proviendrait du fait qu'elle nous enseigne ce que l'homme a fait, et par conséquent ce que l'homme est ». Ainsi l'homme rechercherait à travers l'histoire, en dernière instance, la connaissance de soi.
 
L'histoire a elle même une histoire. Depuis les temps les plus reculés, les sociétés, qu'elles aient ou non possédé l'écriture, ont tenté d'élaborer un récit de leur passé et de leurs origines, une mythologie qui mêle parfois dieux et héros. Les premières civilisations de l'écrit ont aussi enregistré leurs actes en les gravant sur des tablettes ou sur les murs des temples et des palais.
 
On s'est très vite aperçu que l'histoire était écrite par les vainqueurs ou du moins par ceux qui avaient le pouvoir.
 
Nous savons qu'il n'y a pas deux visions identiques de la réalité ; il s'ensuit que toute personne qui décrit la sienne ment involontairement à l'autre.
 
Depuis la seconde moitié du XXème siècle, une révolution se fait de plus en plus entendre. Elle est internationale, son cri de ralliement est « On nous a menti ! » Menti sur quoi ?, sur le passé.
 
Car le mythe est plus fort que la vérité, mais il est mensonge.
 
Je n'ai pas la prétention dans le temps qui nous est imparti de répondre à toutes les interrogations qu'on est en droit de se poser sur l'histoire, tout au plus à partir de quelques exemples, j'espère que le débat pourra s'engager.

 
 
vérité, mythes ou mensonges
 
 
La vérité et le mensonge, on peut être à peu près d'accord sur leur définition encore que l'adage populaire ne dit-il pas que "chacun voit midi à sa porte". Dire le faux peut souvent se présenter sous des formes diverses. Le mensonge sincère, par exemple celui du témoin d'un fait divers qui s'est trompé sur un détail est différent du mensonge intentionnel du faux-témoin.
 
Le mythe est un terme qui peut prendre plusieurs sens. C'est soit;
 
·         un récit qui relate des faits imaginaires
 
·         ou une évocation légendaire du passé (mais qui repose sur des événements vrais),
 
·         ou bien une construction de l'esprit qui va devenir une idée force (mais qui est complètement arbitraire),
 
·         ou alors enfin, quelquefois, lorsqu'on parle de mythes on parle d'aspirations fondamentales de l'esprit humain.
 
L'imprimerie qui a fixé et répandu le savoir, a montré que les mythes fabriqués, en plus d'être des instruments de pouvoir, pouvaient être toxiques, par exemple le « mythe de la race aryenne ».
 
Ainsi, les instituteurs ont enseigné pendant des décennies, dans les écoles de la République l'histoire à partir de belles images d’Épinal qu'un certain Charles Martel, à la tête des armées franques, avait arrêté les Sarrasins (certains disaient déjà les arabes), à Poitiers en 732. Les armées franques étaient alors identifiées aux armées françaises et, dans l'esprit des écoliers, même devenus adultes, les croisades n'étaient pas loin (trois siècles + tard quand même). La référence gagna la classe politique et la bataille de Poitiers est devenue une préfiguration de la naissance de la France, puis de sa résistance au « péril arabe » magnifiée dans les croisades. Pénétré de la notion d' "identité nationale", l'enseignement de la IIIème République exalta les gestes de Charles Martel, de Roland à Roncevaux et de Jeanne d'Arc, comme autant d'exemples de l'indomptable esprit français. En réalité, c'était trois mythes issus de faits dénués de toute portée grandiose et construits pour des raisons politiques.
 
Au début du XXème siècle, alors que l'histoire était devenue, en France comme dans d'autres pays d'Europe, une véritable discipline sous l'impulsion d'Ernest Lavisse, les historiens s'avisèrent de trois faits :
 
·         d'abord, cette discipline tenait une place fondamentale dans la culture, car elle ouvrait l'esprit à la compréhension du monde,
 
·         elle devait donc, à ce titre, être associée à la géographie,
 
·         ensuite, elle exerçait une influence politique et, de ce fait, elle était elle même influencée en retour par la politique, or la politique devant, en principe être tributaire de l'éthique, il s'ensuivait que l'historien devait la respecter aussi.
 
Il aurait été immoral, par exemple de représenter un tyran ennemi comme un monarque éclairé, comme il aurait été immoral de décrire comme un incapable un roi dont la dynastie régnait toujours ; c'est ainsi que Néron, ennemi supposé du christianisme, a été représenté comme un monstre.
 
Enfin, sans prétendre être une science exacte, au même titre que les mathématiques ou la chimie, l'histoire devait néanmoins se fonder sur les documents et s'aider de disciplines telles que l'économie, la sociologie, l'ethnologie, l'évolution des sciences et des techniques, et -en Allemagne en particulier- la philosophie.
 
A la fois, l'histoire s'est enrichie et est devenue plus rigoureuse dans ses interprétations, en outre elle a tenté  peu à peu affranchie des mythes et de la manipulation politique.
 
Une telle évolution n'a pu se faire sans bouleverser des habitudes de pensée et des traditions souvent entretenues depuis des siècles, non seulement chez les instituteurs, mais aussi dans les milieux académiques. Elle entraînait en effet la remise en question de bien des idées ancrées dans les cultures nationales. Dès le XIXème siècle, Fustel de Coulanges, auteur de « La Cité antique » dénonçait le mythe de la liberté dans l'Antiquité, quel scandale, comment, le citoyen romain, ce modèle -imaginaire- de l'homme accompli, n'était donc pas libre ? Et bien non, la liberté est une idée récente en histoire.
 
Au début du XXème siècle, le philosophe italien Benedetto Croce, désabusé déclarait que : « Toute histoire est roman et tout roman, histoire ».
 
Au XXIème siècle, l'historien anglais Jack Goody a démontré que des historiens éminents avaient interprété l'histoire selon un angle presque exclusivement européen. Ils avaient décri par exemple, la découverte du sucre et des épices, comme un phénomène européen et ne s'étaient pas souciés de savoir comment d'autres civilisations les avaient découverts avant l'Europe.
 
L'histoire est un chaos de données et aucune intelligence humaine ne peut se résoudre à ce que tout cela soit absurde et injuste.
 
Pour l'historien, il s'ensuit que sa mission est de donner un sens à la masse de faits qu'il doit traiter pour en offrir un récit qui serait, selon lui, cohérent. Il faut donner un sens à l'histoire. Il faut interpréter et mettre en relation des faits pour aller dans le sens que l'on souhaite.
 
 
Atlas porte le monde sur son dos
 
 
Aujourd'hui, tout le monde connaît la fameuse représentation du Titan ATLAS, portant le globe terrestre sur son dos, toutefois, il est important de préciser qu'ATLAS ne soutient pas le globe terrestre, mais le globe céleste, c'est-à-dire le ciel.
 
En effet, si le Titan portait la Terre sur son dos, cela voudrait dire que les Grecs de l'Antiquité savaient déjà que la terre était ronde et même qu'ils connaissaient tous les continents alors que leurs explorations se limitaient aux côtes de la Méditerranée.

 
 
 
Noël fête païenne
 
 
C'est en 339 selon certains, 335 selon d'autres, que l’Église catholique a décidé de célébrer la naissance de Jésus le 25 décembre, « afin, dit le Larousse encyclopédique, de christianiser la fête de solstice d'hiver » ; En réalité, cette décision faisait partie de la formidable offensive qui visait à étouffer une religion rivale, le culte de Mythra ou mithriacisme, qui ressemblait dangereusement au christianisme : son dieu était Mythra, création de son père, le puissant Ahoura Mazda, et dont la renaissance s'opérait justement ce jour là et marquait la reconquête du monde par le soleil invaincu (le sol invictus). Mythra, dieu aryen, était celui que ses fidèles célébraient en ces termes : « Tu nous a sauvés en répandant le sang éternel ».
 
Pour marquer le renouveau, les mythraïstes plantaient un jeune arbre, symbolisé aujourd'hui par notre sapin. Ce culte avait gagné l'Europe et régnait sur tout le bassin méditerranéen fut long à éliminer. La date de Noël, dont le nom dérive de la formule romaine Natalis solis invicti, naissance du soleil invaincu demeura .
 
Jésus succéda à Mythra, au prix de ce qu'on pourrait qualifier de "pieuse désinformation". Ce n'est d'ailleurs pas la seule, par exemple la pratique qui consiste à placer un bénitier à la porte des églises est empruntée au culte de Mythra car les temples de cette religion comportaient une vasque d'eau pour que les fidèles s'y purifient les mains.

 
 
Nos ancêtres les gaulois
 
 
Reprendre aujourd'hui cette fameuse formule issue de l'Ecole républicaine en revendiquant les frontières de l'ancienne Gaule c'est se mettre à dos les Belges, les Hollandais, les Allemands, les Suisses et les Italiens.
 
La Gaule des Romains était beaucoup plus étendue que la France d'aujourd'hui.
 
A partir du Second Empire, apparaît une tendance à créer un mythe gaulois constitué autour de Vercingétorix. Bien que l'épopée de ce jeune homme n'ait duré que neuf mois de cette année - 52, l'imagination impériale s'en est emparée comme d'un symbole et l'instruction publique républicaine a reprit le mythe et l'a amplifié jusqu'à l'absurde. Vichy en a fait un symbole de la vraie France ... et la Libération, un héros de la résistance.
 
On a commencé par fabriquer une image physique du héros: grand, blond, chevelu, moustachu, hérissé d'armes et le regard terrible. Le seul historien connu qui l'ait rencontré c'est Jules César qui n'en trace aucun portrait.
 
Contrairement à la légende lorsque Jules César exigea la reddition totale des gaulois, Vercingétorix ne se rendit pas, il fut livré par les autres chefs, il fut trahi par les siens.

 
 
Clovis, premier roi de France ?
 
 
Fondateur de la dynastie mérovingienne, Clovis est un des prototypes les plus représentatifs des mythes historiques français. Tous les manuels d'histoire le présentent comme le créateur d'un empire et l'artisan d'une union entre l'Etat et l'Eglise qui résistera douze siècles.
 
L'imagerie d'Epinal regorge de scènes magnifiques et barbares, à commencer par le sacre à Reims, le baptême du roi et de ses soldats et l'épisode du vase de Soissons. N'a-t-il pas, le premier, fait de Paris sa capitale? Il est donc, disent certains, le premier roi de France, il aurait été plus judicieux de dire qu'il était roi des Francs et encore pas de tous.
 
La source principale d'informations sur ce roi, "l'Histoire des Francs" de Grégoire de Tours, a été écrite soixante ans après la mort du héros.
 
Ce Franc, est un Germain fils d'un roitelet de la "Belgique seconde", qui se voulait d'abord général romain: c'était d'ailleurs son costume.
 
A la veille de la bataille contre les Alamans, il se serait écrié: "Dieu de Clotilde, si tu me donnes la victoire, je croirai en toi!". Il remporte la victoire et se convertit.
 
On dira même de Clovis qu'il a introduit et imposé le catholicisme en France, ce qui est faux, tout au plus a-t-il aidé à son développement.
 
En faire l'ancêtre, sinon "l'inventeur" de la France est une théorie démentie par les faits. Au regard des historiens, il apparaît plus comme le dernier sursaut de la décomposition du monde gallo-romain que comme un précurseur.

 
 
Charles Martel et les "arabes" à poitiers
 
 
En 732, les Sarrasins, maîtres de l'Espagne, s'étaient installés dans les territoires au delà des Pyrénées, le Béarn, le Comminges, les Corbières et une grande partie du Languedoc. Pillards comme tous à l'époque ils organisaient des razzias vers le nord. Le comte de Toulouse Eudes d'Aquitaine appelle au secours, Charles Martel qui était maire du palais c'est à dire le véritable roi des Francs. Le 25 octobre 732, entre Tours et Poitiers, l'émir Abd el-Rahman fonce à la tête de sa cavalerie vers de nouveaux pillages, il tombe sur un mur de fantassins francs, il est vaincu et s'en retourne en Languedoc.
 
La victoire de Charles Martel lui permet de se poser en sauveur de l'Aquitaine qui passe bientôt sous sa coupe. L'escarmouche va être immortalisée par son frère Childebrand et être magnifiée, exaltée par la chevalerie, les chroniqueurs et les troubadours. Lettrés et copistes, qui appartiennent dans leur grande majorité à des ordres religieux prennent le relais. En 750, un chrétien d'Espagne, qu'on appelle l'Anonyme de Cordoue évoque un déferlement d'Européens, comme si les croisades avaient déjà commencé.
 
Les descendants de Charles Martel vont aussi s'enorgueillir de l'exploit de leur ancêtre en particulier un certain Charlemagne. Au XIIème siècle, les Chroniques de saint Denis vont même décrire la bande de pillards Sarrazins comme une armée partie à la conquête de l'Occident. La renommée de Charles Martel va aussi conforter une campagne de Rome contre les religions étrangères et les hérésies, en particulier l'arianisme (L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, dû à Arius, théologien alexandrin au début du ive siècle, et dont le point central concerne les positions respectives des concepts de « Dieu le père » et « son fils Jésus ». La pensée de l'arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d'abord humain, mais un humain disposant d'une part de divinité. C'est à cette foi que se convertirent la plupart des peuples germaniques qui rejoignirent l'empire en tant que peuples fédérés.).
 
Dans les manuels scolaires de la fin du XIXème siècle, l'épisode va devenir le symbole de la défense du territoire national contre les "mécréants" ou "infidèles". L'exagération se justifie alors par l'expansion coloniale. L'assaut de Poitiers va attiser l'islamophobie et va dresser une mythologie contre une autre.

 
 
Roland de Ronvevaux
 
 
L'image d'Epinal de Charlemagne est généralement assortie de la légende de Roland. En 778, avant son couronnement comme Empereur, Charlemagne lance une offensive contre les Sarrazins à Saragosse. C'est un désastre, il se replie et sans doute pour amortie le déplacement il met à sac et détruit Pampelune tenue non pas par les Sarrazins mais par les Basques. Ceux ci exaspérés vont poursuivre l'armée de Charlemagne  et anéantir son arrière garde à Roncevaux. Plus tard dans le récit de  cette attaque, les Basques vont devenir les Sarrazins et  la légende du preux Roland jouant du cor avant sa mort va permettre au poète Turold, son auteur supposé de raconter dans un millier de vers, "La Chanson de Roland" qui va gonfler d'émotion le cœur de maintes générations au récit d'une invention où les Sarrazins vont tenir le rôle des légions de l'enfer.

 
 
Jeanne d'Arc
 
 
Pendant des siècles on a enseigné que Jeanne d'Arc a libéré la France des Anglais. Cette formulation audacieuse est même devenue séditieuse quand on y a fait intervenir le surnaturel.
 
Au cours des siècles, dans un premier temps, elle était vue comme une benête ( XVIème et XVIIème siècles). En gros, jusqu'au sacre du Roi Charles VII, c'était bien. Ensuite si elle a échoué c'est qu'elle a voulu aller au delà de sa mission divine. C'est avec Michelet qu'on voit arriver le thème de la fille du peuple, surgie du peuple contre les égoïsmes des grands pour imposer le patriotisme.
 
A la fin du XIXème siècle, elle reste, dans le petit Lavisse, une héroïne positive qui va donner lieu à deux tendances: une lecture laïque et une lecture religieuse.
 
Son image sera pour les royalistes celle d'une modeste servante de Dieu qui va contribuer à renforcer la croyance dans une monarchie d'essence divine. Pour les républicains, la Pucelle est un personnage emblématique, une sorte d'héroïne patriotique, pour ces derniers s'y ajoutait la satisfaction de dénoncer une Eglise coupable de l'avoir envoyée à la mort.
 
Jeanne fut béatifiée en 1906 pour parer à la vague de laïcité militante qui déferlait en Europe et fut canonisée en 1920.
 
L'image de Jeanne d'Arc va être aspirée par l'action française dans les années 20. Elle sera ensuite récupérée par Pétain et Le Pen.

 
 
14-18 le grand bourrage de crâne
 
 
la propagande de guerre a toujours existé, depuis que les hommes se battent. Mais c'est sans conteste la Première Guerre Mondiale qui a permis son utilisation à une échelle jamais vue. Français, Allemands, Britanniques, Américains, Italiens, tous ont menti à qui mieux mieux, dans un seul but conserver le soutien de leur opinion publique.
 
·         La première étape, c'est de dire que c'est forcément le camp adverse qui a déclenché la guerre puisque nous ne la voulions pas.
 
·         deuxièmement, noircir le visage de l'ennemi, alors que nous défendons une cause juste, lui provoque des atrocités, alors que nous si ça nous arrive c'est involontaire.
 
·         Nous subissons peu de pertes alors que celles de l'adversaire sont considérables.
 
·         Enfin dernier principe terrible qui a conduit de nombreux hommes en prison ou même devant le poteau d'exécution: les pacifistes qui oseraient contester cette propagande de guerre ne peuvent être que des traîtres.
 
Anatole France pourra s'écrier: "On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels".

 
 
Le nuage de Tchernobyl
 
 
Un des premiers soucis des autorités de tous les pays, en cas de catastrophe majeure, c'est d'éviter la panique nationale susceptible d'engendrer des débordements fâcheux et incontrôlables.
 
Elles distillent alors une information parcimonieuse. On a pu le vérifier en mars 2011, lors de l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima. Mais elles peuvent aussi la diffuser de façon trompeuse.
 
Le 2 juin 1986, le SCPRI (service central contre les rayonnements ionisants) a diffusé un communiqué assurant que la France n'avait été touchée que par la queue du nuage issu de Tchernobyl. En réalité, la France a été touchée dès le 29 avril et le 1er mai et presque tout le territoire a été atteint.
 
En 2005, soit dix neuf ans après les faits, un comité d'experts a admis que les données du SRPCI avaient été sous évaluées.
 
François Guillaume, alors ministre de l'agriculture avait déclaré: "Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées consécutives à l'accident de Tchernobyl".
 
L'incertitude demeure sur les conséquences. En ce qui concerne l'accroissement des taux de cancer de la thyroïde, qui a effectivement été constaté, il semble avoir commencé vingt ans avant Tchernobyl, mais cela ne veut pas dire que l'accident n'a eu aucun effet sur la santé des français.

 
 
Du mauvais usage de l'image
 
 
Suffit-il, pour renier le rôle historique d'un personnage, d'effacer son image
 
Les prêtres d'Amon ont procédé de cette façon dès la mort du pharaon monothéiste Akhenaton en ordonnant de marteler les bas-reliefs et sculptures qui le représentaient.
 
A une époque plus tardive, si Louis XIV a exigé que sa taille soit rehaussée dans ses représentations picturales, Napoléon, pionnier de la communication politique par l'image s'en est servi pour magnifier ses actions d'éclat quitte à prendre les plus grandes libertés avec la vérité historique. Par exemple sur un tableau d'Antoine Jean Gros, on le voit visitant les pestiférés de Jaffa lors de l'expédition d'Egypte. Il pose la main sur le bubon d'un malade à la manière des rois de France sensés guérir les écrouelles.
 
Tout au long du XIXème et au début du XXème siècles on va continuer "d'inventer"" l'Histoire grâce à une fabuleuse galerie de tableaux vantant les mérites des rois, empereurs ou ministres de la République. Autant d'œuvres qui vont enflammer l'imagination des écoliers en incarnant à leurs yeux d'enfants les héros de la nation, de Vercingétorix aux Poilus de la Grande Guerre, en passant par Jeanne d'Arc, Bayard et Gambetta.
 
Œuvres de propagande, qui finiront parfois suspendues en copie dans les salles à manger de la petite bourgeoisie de l'époque.
 
Il en ira tout autrement pourrait-on penser avec l'arrivée de la photographie puis du cinéma. De la grande messe nazie de Nuremberg avec sa forêt de croix gammées, aux défilés présidés par Mussolini ou Staline ces documents vont pouvoir être utilisés de manière cynique et malsaine.

 
 
En guise de conclusion avant de débattre
 
 
Nous aurions pu intituler ce libre débat: "L'Histoire est-elle objective ?" Peut-elle seulement l'être, dans la mesure où l'historien, qui écrit sous l'influence de :
 
·         sa propre culture,
 
·         de ses propres valeurs,
 
·         mais aussi de sa propre époque,
 
ne peut pas être insensible devant le sujet sur lequel il travaille.

 
Conclusion après le débat
 
 
1)       Tout au long des siècles, le roman national de la France s'est bâti moins à partir des faits qu'au gré des différentes menées politiques et des variations idéologiques de l'Histoire.
 
Par exemple, au XIXème siècle, chaque écolier était formé pour devenir un "bon petit soldat", digne héritier des Gaulois d'antan, dans le contexte des tensions avec l'Allemagne.

 
2)       Les différents épisodes historiques ont été enjolivés, mis en scène ou maquillés, parfois immédiatement, parfois plus tard pour servir de symboles à même de favoriser des intérêts personnels ou de fédérer un peuple autour d'une idée commune de nation.

 
3)       Les mensonges de l'histoire naissent engendrés par
 
·         la subjectivité,
 
·         la propagande
 
·         ou encore la méconnaissance
 
·         et l'oubli...

 
 
Trois principes laissés en héritage
 
 
·         La Révolution française a été une période de sang et de larmes, de fracas et de tumulte. Elle a aussi ouvert la voie aux grandes libertés publiques: la citoyenne et le citoyen ne sont les sujets de personne, ni d'un maître, ni d'un roi.

 
·         La IIIème République dans des moments de grandeur et des épisodes qui relèvent du vaudeville nous a laissé la laïcité. La France est un pays où on ne juge un citoyen ni à ses racines, ni à son appartenance social, ni à la sonorité de son patronyme, ni au dieu qu'il prie ou qu'il refuse de prier, mais à sa capacité à contribuer à un avenir meilleur pour tous.

 
·         La Résistance nous a rappelé que la liberté est un bien fragile et qu'il est parfois nécessaire de prendre les armes pour la défendre. Dans son programme le CNR nous a légué la "Sécurité sociale", la solidarité.

 
Dit autrement ces trois principes sont "liberté, égalité, fraternité" devise de la République.


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