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Le djihad

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Libres Débats de la Libre Pensée
Aurillac, Mercredi 7 janvier 2015, à 18h15

Regards sur le Jihad...
                                
par Jean-Michel CATHALA

Tout d’abord, je tiens à remercier les participants à ce débat.
Je vais essayer de vous éclairer un peu sur ce sujet d’actualité qu’est le Jihad. 
Ca n’est pas simple et je n’ai pas l’intention d’être exhaustif, je voudrais simplement nous permettre d’entamer un débat et de tenter de répondre à vos questions. Vous remarquerez que je reste sur mes réserves car le sujet est immense et complexe.
Tout d’abord une définition des Sunnites et des Chiites :

Les Sunnites : 85 à 90% de la population musulmane. Le mot sunnite est basé sur le mot « sunna » qui représente la ligne de conduite de Mahomet, dernier prophète de l'Islam. Ses actes ont donc valeur de loi et sont tous compilés en différents récits appelés « hadith » dont les principaux recueils sont le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim, considérés comme quasiment authentiques ou totalement par l'ensemble des musulmans sunnites.

Les Chiites
 : Ils reconnaissent la succession de Mahomet par Ali ibn Abi Talib (son cousin, gendre et premier homme à accepter l'islam). Les chiites croient que Mahomet a désigné Ali comme son successeur en de nombreuses occasions, et qu'il est donc le guide spirituel des musulmans, selon la mission divine révélée à Mahomet. Ils représentent environ 10 à 15% de la population musulmane dont 90% en Iran.

Maintenant nous allons aborder le Djihad. Il faut savoir que le combat armé n'est qu'une forme de jihâd. La recherche de la connaissance, la pratique d'un bon comportement ou la persévérance face aux épreuves de la vie sont autant de formes différentes du jihâd...
Voici une liste de règles de la guerre en islam, la suite logique est une reprise point par point à partir d'un ouvrage de Hisham Kabbani intitulé : Le concept de jihad en Islam
-Les prisonniers de guerre doivent être bien traités. 
-Épargner les enfants, les fous, les femmes, les prêtres, les vieillards et les infirmes, sauf s'ils ont pris part au combat. L'islam interdit strictement de tuer ceux qui ne font pas partie de l'armée.
-L'interdiction de brûler l'ennemi.
-L'interdiction de mutiler les corps.
-L'interdiction du pillage, c'est-à-dire des actes de vandalisme (vols, destruction des biens, etc.) et de violence (violence physique, viol, etc.) envers les civils. 

Bien les définitions sont établies, je vais commencer par vous lire un extrait de l’IDL qui me paraît très significatif de ce qui se passe au Moyen Orient et en Afrique depuis des années. (1)

Al-Qaïda
À l'origine, Al-Qaïda est fortement lié à la Première Guerre d'Afghanistan. Le Maktab al-Khadamāt (MAK), créé par Abdullah Azzam en 1980, organise et entraîne les moudjahidines avant de les envoyer en Afghanistan. Le MAK est soutenu par d'autres organisations islamistes, des organisations caritatives et par la CIA qui déploie dans cette période une politique interventionniste dans le souci d'enrayer et d'abattre la puissance de l'URSS, considérée comme « Empire du Mal » par l'administration Reagan, notamment par le soutien aux groupes de toute nature qui peuvent déstabiliser les régimes supposés proches de Moscou. En 1986, Oussama ben Laden, ancien étudiant de Abdullah Azzam, qui finançait depuis 1982 l'activité du groupe, rejoint le front.

En août 1988, deux réunions regroupant notamment Abdullah Azzam, Oussama ben Laden, Ayman al-Zawahiri et Mohammed Atef ont lieu pour déterminer l'orientation future du djihad. Les participants s'accordent pour créer une nouvelle organisation pour continuer le djihad après le retrait des Soviétiques d'Afghanistan, mais sans préciser quels seront ses buts exacts. L'organisation est initialement appelée al-Qaeda al-Askariya (« la base militaire »). 
En 1989, fin de la guerre en Afghanistan menée par l’URSS. La CIA arrête de financer et de soutenir Al-Qaïda. De ce fait l’ancien allié va devenir l’ennemi n°1 du mouvement. 

En novembre 1989, Abdullah Azzam est assassiné dans un attentat dont les responsables n'ont pas été identifiés. Cet assassinat pourrait être lié à une divergence sur la nature du djihad : Azzam s'opposait à des conflits entre musulmans. À la suite de la disparition d'Azzam, Al-Qaïda se retrouve dirigée essentiellement par des membres du djihad islamique égyptien tels qu'al-Zawahiri qui prônent le renversement des dirigeants arabes non-islamiques, en particulier celui de
 Hosni Moubarak en Égypte.
En 1989, Oussama ben Laden prend le contrôle du Maktab al-Khadamāt à la suite de la mort d'Abdullah Azzam.

Durant les premières années de leur prise de pouvoir, les talibans jouissent d'un réel soutien populaire, surtout, mais pas uniquement, de la part des populations
 pachtounes du sud et de l'est. Les Afghans sont fatigués de leur guerre avec l'URSS et des exactions des chefs de guerre qui ensanglantent le pays. Beaucoup accueillent volontiers ces religieux qui amènent l'ordre et la sécurité. Les contraintes morales ne changent, en fait, pas grand-chose dans les campagnes où les femmes portent déjà la burqa, et où, dans leur très grande majorité, elles ne travaillent ni ne vont à l'école.

Après la prise de
 Kaboul par les Talibans en 1996, Ben Laden organise la formation des moudjahiddines arabes, développant ainsi les réseaux de la mouvance Al-Qaïda.
Les
 attentats du 11 septembre 2001 constituent l'opération la plus retentissante d'Al-Qaïda. Ces attentats déclenchent aussi une réponse virulente des États-Unis, soutenus par d'autres pays. Ils envahissent l'Afghanistan fin 2001 dans le but déclaré d'anéantir Al-Qaïda. Celle-ci perd ses camps d'entraînement, et ses membres sont en fuite. La CIA, les services secrets et les forces armées d'autres pays tentent de repérer et démanteler les groupuscules d'Al-Qaïda dans le monde. Cette offensive dans la « guerre contre le terrorisme » a fortement affecté Al-Qaïda. 

Selon
 Alain Chouet, ancien directeur du service de renseignement de sécurité de la DGSE, « comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j'estime, sur la base d'informations sérieuses, d'informations recoupées, que Al Qaida est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 ». 
Cette situation conduit à une mutation de la mouvance Al-Qaïda, qu'il est de plus en plus difficile de considérer comme une organisation structurée. 

L'Al-Qaïda du 11 septembre pourrait ne plus exister, mais elle laisse place à des cellules locales indépendantes. Celles-ci, incapables d'organiser des attentats d'envergure, s'attaquent à des cibles vulnérables comme les rues de Casablanca ou les habitations de Riyad. 
De nombreux groupes locaux se réclament de la mouvance Al-Qaïda. Front Islamique au Maghreb, Boko Haram etc…

Etat Islamique
L'État islamique (en abrégé EI) (ad-dawla al-islāmiyya) est une organisation armée djihadiste qui a proclamé le 29 juin 2014 le rétablissement du califat sur les territoires irakiens et syriens qu'elle contrôle.
Sa création remonte à
 2006, lorsqu'Al-Qaïda en Irak forme avec cinq autres groupes djihadistes le Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak. Le 13 octobre 2006, le Conseil consultatif proclame l'État islamique d'Irak (EII), lequel se considère à partir de cette date comme le véritable État de l'Irak, puis également, à partir de 2013, de la Syrie. Initialement lié à Al-Qaïda, l'EII s'en est progressivement affranchi, pour s'en séparer tout à fait en 2013.
Le
 9 avril 2013, l'EII devient l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), parfois désigné par l'acronyme arabe  Daesh utilisé de manière péjorative.
Le
 29 juin 2014, l'État islamique en Irak et au Levant annonce le rétablissement du califat dans les territoires sous son contrôle et Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi se proclame calife, successeur de Mahomet, sous le nom d'Ibrahim. L'organisation prend, dans ses communiqués, le nom d'État islamique (acronyme français EI, anglais IS).

Mouvement particulièrement violent, l'État islamique est accusé par l'
ONU, la Ligue arabe, les États-Unis et l'Union européenne d'être une organisation terroriste responsable de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l'humanité.
En fait Daesh n’aurait pas d’existence réelle sans l’intervention en Irak des occidentaux et des USA. Il faut savoir qu’actuellement cette organisation est principalement encadrée par d’anciens officiers irakiens, fatigués de la guerre civile qui règne en Irak (et qui a fait plus de 100 000 morts je le rappelle depuis l’intervention des USA) et qui souvent ne sont plus payés. Ils ont également récupéré le matériel de guerre des villes prises aux Irakiens, matériel envoyé par les occidentaux. 

N’oublions pas comme le dit Gérard FUSSMAN, que Daesh était soutenu en début d’année par les occidentaux puisqu’il souhaitait faire tomber le régime d’Assad, ennemi d’Israel, donc indésirable.
La "très démocratique" opposition syrienne se sert de la Syrie "libérée" comme base arrière pour une reconquête de l'Irak...Et que je te massacre au passage tout ce qui n'est pas sunnite (de ce point de vue, je pense, l'objectivité pure voudrait que l'on ne parle pas des seuls chrétiens...Mais aussi des Chiites, des athées, etc)

Pour parler de cette guerre, que certains qualifient de mondiale (le nombre de pays où règne le jihad est incroyable : Irak, Syrie, Liban, Yemen, Mali, Nigéria, Lybie, Attentats en Egypte, Afghanistan, Pakistan et j’en oublie surement), on ne peut pas ne pas développer ce qui s’est passé en Lybie. Les occidentaux et principalement la France ont bombardé la Lybie et s’en sont retournés comme si rien ne s’était passé. Sarkosy en a profité pour faire taire son ex ami Khadafi et a laissé le pays dans un, pardonnez moi l’expression, bordel innommable alors que le but premier était de rétablir notre sacro sainte démocratie.
Puis il s'avéra que les "démocrates" libyens, (puis ensuite les Syriens) étaient en fait des fous de dieu, partisan de la charia, à côté desquels Khadafi et Assad font figures d'enfants de cœur...
Le problème est que Khadafi était parfaitement armé par le matériel que nous lui avions vendu. Depuis sa chute, l’arsenal de la Lybie est devenu un véritable supermarché de l’armement pour les groupes locaux et plus lointain. Les Français combattent en Centrafrique et au Mali contre des hommes armés souvent de matériel français ou du moins occidental… Paradoxe.
Résultat des courses, la Libye "libérée" par la coalition est devenue une passoire, à la base d'une immigration débridée de pauvres gens, qui viennent chercher à manger, à travailler, à retrouver la paix et la liberté dans la vieille Europe. Qui peut les en blâmer... 
La Lybie est également une base arrière des jihadistes africains (Mali, Nigéria etc).. Je vous rappelle que depuis cet été, Benghazi est devenu un califat…

Bien, quant à la question qui est de savoir si le jihad est une guerre de religion, je vous avouerai que je me pose la question…
A première vue on peut penser que oui puisque les combattants veulent convertir ou éliminer les non-musulmans mais également les Chiites. (rappelons nous la guerre Iran Irak qui a fait des centaines de milliers de morts) 

Toutefois, les fonds récoltés pour permettre leurs guerres ne sont pas en droite ligne de ce que prescrit le Coran. Drogue pour les Talibans, trafics divers pour Daesh (on a appris récemment la vente de femmes et de jeunes filles), etc… 

Est-ce une guerre de religion pour les occidentaux ? 
Bush a déclaré que son combat est celui du bien contre le mal. 
Ca ne vous rappelle rien ? Nous sommes en pleine croisade. 

Par contre un détail frappe l’esprit. Gazoduc en Afghanistan, pétrole en Irak et en Lybie, minerais précieux en Centrafrique et au Mali. 
Il semblerait que les pays où interviennent les occidentaux et parfois leurs alliés se limitent à des régions qui présentent un intérêt certain au niveau économique et au niveau du « business ». Prenons l’exemple du Darfour et du Sud Soudan. Des massacres ethniques et religieux ont fait des milliers de morts depuis des décennies. 
Tout le monde s’en fout… Ah oui mais là bas il n’y a que du sable. 

Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. Toujours d’actualité, malheureusement.

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