L D mars - lp15

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L D mars

libres débats
Libre débat de la libre pensée
Aurillac merdredi 7 mars 2018 18h 15
maison des associations salle 2 (rez de chaussée)

L'émancipation des femmes :
conquêtes et défense des droits acquis
Animation Nicole Fourcade



 
Préambule :
 
Pour les femmes et les hommes, l’aspiration légitime à l’émancipation repose sur le combat contre toutes les tyrannies, ne plus se soumettre aux dogmes et interdits, avoir la possibilité d’exercer son esprit critique et pouvoir pratiquer la liberté de conscience. C’est aussi prendre sa place dans la société afin de la construire  égalitaire, libre, laïque .
 
Se défaire des chaînes est une lutte longue :  sur des millénaires, la hiérarchisation H/F scellée par l’existence sociale va déterminer la place réservée aux femmes.
 
**************
 
La société va se développer sur la notion de « possession des biens ».
 
« Le pater familias » dirige tous les biens et la conception monothéiste du Dieu unique fait de la femme un être inférieur aux hommes. Toutes les religions inculquent aux femmes les notions d’infériorité et de soumission.
 
 
Face à la misère et au dénuement vécus par les populations, les hommes et les femmes vont se révolter :
 
C’est ainsi, qu’en France, dans les années 1670, les femmes vont participer aux « Jacqueries ».
 
Elles seront présentes aussi durant la Révolution française de 1789. Elles participent à l’élaboration des cahiers de doléances, prennent la parole dans les Sociétés Fraternelles mixtes. Comme l’écrit MICHELET :
 
« Les hommes prennent la Bastille, les femmes prennent les Rois »
 
Mais la Révolution ne remet pas en cause la propriété privée. Fondée sur la transmission du patrimoine, c’est  la source des injustices sociales et lieu d’enjeu pour le statut  des femmes toujours soumises à l’autorité des hommes et de la religion. Elles restent privées de citoyenneté.
 
 
En 1804, Le code civil, édicté par Napoléon, fait de la  femme une « mineure civile », dans le droit fil des conceptions de l’Église. En  1810 le code pénal punit d’emprisonnement l’avortement. Le divorce est aboli en 1816.
 
 
C’est vers 1830 que le mouvement d’émancipation des femmes va renaître :
 
Flora TRISTAN, dans son ouvrage «  l’Union des femmes », lie la lutte contre l’exploitation au combat contre l’oppression des femmes.
 
La classe ouvrière s’organise et, en 1864, est fondée l’A.I.T. ( Association Internationale des Travailleurs- 1ère Internationale)
 
Entre temps, est créée, lors du Congrès de Bruxelles, l’Internationale des Libres Penseurs : les femmes y participent à égalité avec les hommes.
 
Les femmes vont ainsi prendre leur place dans les luttes du mouvement ouvrier, elles demandent l’application rigoureuse de la formule économique : « À production égale,  salaire égal »
 
C’est ce que revendiquent les ovalistes de Lyon en 1869.  On peut citer, à la même époque les grèves des tisseuses  de VOIRON. Ces femmes se mettent en grève pour faire entendre leurs revendications et interpellent les autorités politiques..
 
Et lors de la Commune de Paris en 1871, les femmes y participent activement. Il est bon de rappeler que la Commune de Paris a déclaré la Séparation de l’Église et de l’État.
 
Paule MINCK s’exprime ainsi : «  Le clergé est l’écrasement des consciences et la société dirigeante comprend que pour gouverner les masses il faut le soldat pour comprimer et le clergé pour abrutir ».
 
La Commune sera anéantie lors de la semaine sanglante par la réaction versaillaise et l’Église catholique . Les femmes paieront un lourd tribut tout comme les hommes : elles/ils seront assassinés ou déportés.
 
 
La 3ème République en, 1875 , confirme la privation des droits politiques des femmes.
 
 
En 1881,  Maria DERAISMES, féministe, Libre Penseuse et antimilitariste, fait voter au Congrès anticlérical une résolution pour la séparation des Églises et de l’ État. Elle préside ce Congrès au côté de Victor SCHOELCHER , de Louis BLANC et de Victor HUGO.
 
 
Il faut se rappeler que le 2 novembre 1892 est promulguée la loi sur la durée du travail des femmes et des mineurs dans les industries. Cette loi qui stipule que les jeunes gens, les jeunes filles de 16 à 18 ans et les femmes travailleraient onze heures par jour a également prescrit l’interdiction du travail de nuit.
 
 
En 1905, les femmes vont militer en faveur de la Loi de Séparation des Églises et de l’État qui assure la liberté de conscience et permet aux femmes de s’émanciper à égalité avec les hommes.
 
 
Soulignons, entre autres, l’action de Nelly ROUSSEL  qui se déclare, en 1902,  en faveur de la contraception. Odette LAGUERRE, quant à elle, déclare : «  La vraie femme sera celle qui ne sera mère qu’à son gré, à qui la maternité ne sera plus imposée ou défendue. »
 
 
Mais dans le droit fil des dogmes et interdits de l’Église, les femmes vont être soumises à la Loi de 1920 qui rend illégaux la contraception et l’avortement. Cette loi sera maintenue jusqu’à la fin des années 1960.
 
Maria VÉRONE qui créa la « Ligue Française des droit des femmes » les qualifie de lois scélérates. Madeleine PELLETIER affirme son opposition à cette offensive pro-nataliste en défendant le droit à l’avortement et le droit à une maternité heureuse.
 
C’est par une lutte acharnée que les femmes vont progressivement conquérir des droits qui vont  contribuer à améliorer la qualité de leur statut, de leur vie sociale et personnelle.
 
 
Durant la 1ère guerre mondiale et après  :
 
Les femmes remplacent les hommes dans les usines et dans les champs. Elles subissent de plein fouet l’exploitation capitaliste : elles sont surexploitées, sous-payées…
 
Et, à la fin de la guerre, elles sont invitées, le 13 novembre 1918, à « rentrer au foyer »,  par le Ministre de l’Armement Louis LOUCHEUR.
 
Nombreuses seront celles qui refuseront cette injonction. Elles sont employées dans la distribution, ouvrières dans le textile et l’alimentation, la confection ainsi que dans l’industrie du caoutchouc et des métaux.
 
•     Il faut souligner que les salaires sont très bas et qu’elles sont payées de 25 % à 40 % en moins que les hommes.
 
•     Même si elles ont obtenu le droit de prendre 8 semaines de congé de maternité ( Loi du 5 avril 1928 sur les assurances sociales), elles ne percevront qu’ un demi-salaire et ne sont pas sûres d’être reprises.
 
•     La Loi de 1920 est renforcée par la Loi de 27 mars 1923, interdisant toute information concernant les moyens de contraception et réprimant l’avortement.
 
•     D’autre part, depuis 1919, les sénateurs radicaux rejetteront par 5 fois le droit de vote aux femmes.
 
Si les femmes représentent 40 % des travailleurs, il n’y a que 5 % de femmes syndiquées.
 
 
L’année 1935 va montrer la capacité des femmes à se mobiliser :
 
•     Ce sont 6000 chômeuses qui marchent sur PARIS.
 
•     De nombreuses grèves ont lieu, en particulier chez les midinettes et cousettes ( 4000 femmes en grève) qui vont obtenir des garanties salariales, une semaine de congé payé et des sections syndicales  avec des déléguées d’atelier.
 
•     Contre les Décrets-Lois de Pierre LAVAL qui réduisent de 25 % le salaire des femmes mariées, elles organisent un meeting à la Bourse du travail . Irène JOLIOT – CURIE préside cette réunion.
 
 
1936
 
Lorsque le Bloc du Front Populaire remporte les élections législatives  (3 mai 1936), des grève spontanées  éclatent dès le 11 mai .
 
•     Les femmes participent aux grèves sur le tas, aux occupations d’usines, des magasins, des ateliers de couture.
 
•     Elles vont massivement se syndiquer.
 
•     Les ouvrières agricoles vont aussi se mobiliser ainsi que les travailleuses immigrées.
 
•     Face au patronat et aux syndicats sexistes, les femmes refusent d’être marginalisées et prennent des responsabilités au sein du mouvement ouvrier organisé.
 
Jeanne MARTIN , féministe, secrétaire du Syndicat C.G.T de la confection pour dames, s’exprime ainsi : « Nous voulons mener une vie digne. Nous ne voulons pas dépendre des hommes . Nous ne voulons pas être livrées à la prostitution. »
 
                  
 
Les accords MATIGNON (7-8 juin 1936) arrachés  au patronat par les grèves et les mobilisations de
 
2 millions de travailleurs et travailleuses sont des acquis fondamentaux .
 
Mais les revendications des femmes sont délaissées. :
 
•     Le salaire des femmes est toujours amputé de 25 %.
 
 
•      Les femmes sont toujours exclues du suffrage universel. La nomination de 3 femmes sous-secrétaires d’État (Irène JOLIOT -CURIE, Cécile BRUNSCHVICG, Suzanne LACORE) ne change pas le statut politique des femmes.
 
Léon BLUM, s’adressant à Suzanne LACORE , s’exprime ainsi : «  vous n’aurez pas à diriger mais à animer. Vous aurez à être là, car votre présence signifie beaucoup de choses. »
 
•     Il va falloir attendre la fin  du Front Populaire pour qu’en 1938 soit supprimée l’incapacité civile des femmes. Mais  l’époux conserve le droit d’imposer le lieu de résidence et d’autoriser ou non sa femme à exercer une profession.
 
•     L. Blum se rallie à une politique familiale nataliste réactionnaire : De nombreuses ouvrières se retrouvent en prison , condamnées pour avortement car les lois de 1920 et 1923 n’ont pas été abrogées.
 
Seconde guerre mondiale
 
 
Sous le Régime de VICHY, fondé sur le modèle corporatiste « Travail, Famille , Patrie » , les revendications des femmes sont mises au placard et les femmes renvoyées dans leur cuisine.
 
Cependant, les femmes s’organisent ,en particulier au sein de « l’Union des Femmes  Françaises » qui s’inscrit dans le mouvement ouvrier.
 
Poursuivant  son œuvre de destruction, PÉTAIN  instaure la fête des mères en mai 1941, qui glorifie les mères de familles nombreuses.
 
En 1943, Marie-Louise GIRAUD est exécutée car l’avortement est qualifié de « crime contre la Nation et contre la race ».
 
C’est la loi du 15 février 1942 qui a renforcé les lois de 1920 et 1923.
 
 
Les luttes des femmes se développent :
 
•     Luttes contre la faim.
 
•     Pour le contrôle du ravitaillement
 
•     Contre le S.T.O.
 
•     Luttes dans les entreprises, en ralentissant la production.
 
Les femmes participent pleinement à la résistance . Elles sont, je cite : «  les yeux et les oreilles du maquis ».
 
Seules deux femmes seront chefs de réseaux : Madeleine FOURCADE et Marguerite GONNET.
 
Dans l’ensemble, les femmes résistantes resteront pour la grande majorité, dans l’ombre, l’anonymat et souvent oubliées.
 
1945
 
À la Libération, les femmes sont présentes dans la vie associative et l’éducation populaire.
 
 
•     Les conquêtes sociales de 1945 ( Mise en place de la Sécurité sociale,  des allocations familiales …)  qui bénéficient à tous les travailleurs, sont essentielles pour les femmes.
 
 
•     D’autre part, Fernand Grenier, résistant F.T.P., défend fermement et avec obstination les droits politiques de la Française à l’assemblée. Le 23 mars 1944, l’Assemblée consultative siégeant à Alger adopte le principe du droit de vote des femmes par 51 voix « pour » et 16 voix « contre ». Le 21 avril 1944 le droit de vote est accordé aux femmes. Les femmes sont électrices et éligibles, comme les hommes. Un an plus tard, le 29 avril 1945, elles votent pour la première fois .
 
A noter qu’elles ont conquis ce droit après bien des luttes et qu’elles l’obtiennent près d’un siècle après les hommes. Et surtout il faut souligner qu’elle l’obtiennent  après l’Espagne, la Turquie, la Birmanie, l’Ouzbékistan.
 
 
•     Si la notion de salaire féminin est supprimée en 1945 et remplacée dans la législation française par  «à  travail égal, salaire égal », les inégalité salariales persistent toujours.
 
En 1945, l’avortement est toujours un délit passible de 5 années d’emprisonnement
 
 
Les femmes vont s’organiser
 
 
Dans les années 1960, la pilule existe déjà, mais est interdite à la vente  et l’avortement toujours puni de prison.
 
 
Le nombre d'avortements en France y est important
 
Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé fonde, avec l'aide de Catherine Valabregue  et plus tard du docteur Pierre Simon, une association de femmes pour promouvoir le contrôle des naissances et lutter contre les avortements clandestins : « La Maternité heureuse ».
 
Le Mouvement français pour le planning familial, fondé en juin 1960, prend le relais de la « Maternité heureuse », poursuivant son œuvre d'information, d'éducation populaire incluant le conseil familial et sexuel.
 
Le premier Centre de planning familial est créé par le Docteur Henri FABRE en 1961 .
 
 
Suite au procès de BOBIGNY (novembre 1972), Gisèle HALIMI, Michèle CHEVALIER et sa fille vont créer l’Association « Choisir » qui combat pour un droit démocratique à l’avortement et à la contraception.
 
Gisèle HALIMI, avec l’aide  de son amie Simone de Beauvoir, écrit le  « Manifeste des 343 » du nombre des femmes signataires affirmant publiquement avoir déjà avorté malgré la loi du 31 juillet 1920 pénalisant cet acte.
 
Grâce au manifeste de 331 médecins déclarant avoir pratiqué l’avortement,  le « Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception » «(M.L.A.C.) est créé en 1973 avec la participation de syndicats et de partis politiques.
 
C’est un mouvement populaire mené par les femmes, les hommes et des médecins.
 
C’est pourquoi, face à cette mobilisation, la Loi VEIL est votée. Mais c’est une loi de dérogation à la Loi de 1920 qui reste en vigueur.
 
(Il est bon de se rappeler que jusqu’en 1993, la loi de 1920 fut toujours applicable. C’est la  loi NEIERTZ, qui va dépénaliser l’avortement)
 
La lutte se poursuit jusqu’en 1979 afin que le droit à l’I.V.G.. soit étendue à toutes les femmes.
 
Mais rien n’est jamais acquis définitivement et la vigilance s’impose :  le Conseil de l’Europe, en mai 1993, décide que l’avortement n’est pas  « un droit fondamental »
 
Le Comité d’Éthique a défini le statut médical de l’embryon comme «  personne humaine potentielle » en 1984 et réaffirmer que c’est «  un être humain en devenir » en 1986.
 
Les associations« pro-vie » ne désarment pas et suivent à la lettre les différentes encycliques papales.
 
Face à toutes les régressions,  la Libre Pensée prend toute sa place dans le débat sur les lois de la Bio-éthique au côté de l’A.D.M.D.  (Association pour le droit de mourir dans la dignité)
 
 
Le droit au travail des femmes est lié à l’existence de services publics collectifs tels que les crèches, les maternelles, les cantines scolaires etc.
 
Force est de constater que la réduction des dits « déficits publics » édictée par les directives européennes, impose la restriction des dépenses publiques.
 
On voit alors se développer des crèches privées, parfois gérées par des associations religieuses.
 
Les tarifs pratiqués y sont élevés et les contrôles moins rigoureux.
 
Le travail de nuit des femmes est institutionnalisé car certaines d’entre elles ouvrent 24h./24- 7jours/7.
 
Les écoles maternelles manquent de places. Il y a une volonté de les remplacer par des «  jardins d’enfants » où les assistantes maternelles remplacent les instituteurs/trices. Cela est lié à la privatisation des écoles publiques qui a débuté en 1959 par la loi DEBRÉ suivie par les accords LANG-CLOUPET.
 
 
A propos du travail de nuit : la loi de 1892 interdisait le travail de nuit des femmes dans l’industrie.
 
En 1989, la 76ème Conférence de l’O.I.T. révise la convention, 89 de 1948, sous prétexte que la loi de 1892 est archaïque et qu’elle ne respecte pas l’égalité Homme/femme. Tout en affirmant, dans son préambule, que «  le travail de nuit est préjudiciable à la santé et perturbe la vie sociale et familiale»
 
•     Il en découle qu’une femme enceinte de moins de 7 mois peut être autorisée à travailler de nuit
 
 
•     De façon hypocrite, le parlement européen qui, d’un côté, juge le travail de nuit nocif pour tous, propose d’un autre côté que cette forme de travail soit négociée  branche par branche entre patronat et syndicats.
 
 
•     La généralisation du travail de nuit fait disparaître les acquis et les primes que les hommes avaient obtenues.
 
•     Le travail de nuit et le travail le dimanche sont banalisés et généralisés malgré des refus  de la part des salariés.
 
 
Cela va de paire avec la destruction du système social conquis en 1945. Le F.M.I . affirme qu’« il y a un besoin urgent de réexaminer à la fois le financement et la générosité globale des régimes d’Assurance Sociale. »
 
Les femmes enceintes coûtent trop cher aux employeurs et à la Sécurité Sociale.
 
Il y a une volonté affichée de séparer les allocations familiales du régime de Sécurité Sociale. C’est rompre avec le principe de solidarité ouvrière et de redistribution des cotisations.
 
Le patronat précise que « rien ne justifie que les dépenses de maternité soient prises en charge par la protection sociale ».
 
On assiste ainsi à la disparition des P.M.I., à la disparition des maternités qui pratiquent moins de 500 accouchements par an et à la diminution des jours passé à l’hôpital pour les femmes qui viennent d’accoucher.
 
La pénurie de gynécologues médicaux est alarmante. Cette spécialité a montré son efficacité : en France, seules 6,7 % des femmes ont subi l’ablation de l’utérus contre 20 à 30 % dans le reste de l’Europe et jusqu’à 40 % aux États-Unis.
 
La gynécologie, comme spécialité, a été supprimée en 1984 et rétablie en 2003 grâce à des luttes menées par des femmes et des hommes en association avec des médecins. Ils se sont battus au sein du « Comité de défense de la gynécologie médicale ».
 
En 2016, il n’y a toujours pas assez de gynécologues : il faudrait en former 120 chaque année pour assurer un bon suivi médical des femmes . Ce qui est alarmant c’est qu’en raison des coupes budgétaires, il est envisagé de créer des « filières de soins »  par transfert des tâches vers d’autres professionnels de santé qui n’ont pas été formés.  La pénurie de gynécologues a une répercussion sur le suivi des femmes qui ont recours à la P.M.A.
 
 
Alors que les hôpitaux et la Sécurité Sociale  sont soumis à des destructions , il est inquiétant de voir surgir sur les réseaux sociaux et dans certains médias une campagne contre les dites « violences obstétricales », la gynécologie médicale,  qui se double d’une campagne contre la pilule.
 
C’est la mise en place de la Sécurité Sociale qui avait permis aux femmes et à l’ensemble de la population d’accéder à de nouveaux droits  tels que l’accès pour tous aux soins, le suivi de la grossesse, la contraception, l’IVG, la P.MA...
 
Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est que les restrictions budgétaires  mettent en péril la santé des femmes et que le droit à l’accès aux soins pour tous est remis en question
 
La destruction du Code du Travail à travers sa réforme par ordonnances, remet en cause l’ensemble des conventions collectives protectrices de tous les droits des travailleurs et travailleuses.
 
Désormais, il y a des inquiétudes réelles car des accords d’entreprise seraient susceptibles d’entraîner des réductions  sur les indemnité des congés maternité et entraîner une réduction du temps de congé de maternité.
 
La disparition des Comités d’Hygiène et de sécurité des conditions de travail (C.H.S.C.T.) va avoir un impact certain sur la prévention des violences sexuelles au travail. 20 % des femmes déclarent avoir subi des harcèlements sexuels sur leur lieu de travail.
 
 
De plus n’oublions pas que les femmes subissent des violences et sont victimes de la violence des hommes : tous les 2 jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint.
 
Les « mutilations sexuelles féminines »  sont toujours pratiquées  : 3 millions de filles de moins de 15 ans risquent l’excision. 200 millions de femmes sont concernées dans le monde, 60000 vivent en France.
 
L’excision est pratiquée dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, dans certaines communautés en Asie ( Malaisie, Indonésie, Irak, Inde, Pakistan) ainsi qu’en Amérique du Sud (Colombie, Pérou)
 
                       
 
Il est bon de rappeler que, dans  les années cinquante, on pratiquait en Europe de l’Ouest et aux États-Unis l’excision pour traiter l’hystérie, l’épilepsie, la masturbation, la nymphomanie, l’homosexualité.
 
 
La prostitution se développe  sur fond de misère, de guerres et de déplacement de populations.
 
Dans une société inégalitaire marchande, la prostitution est toujours un très vieil emploi.
 
Comme l’exprime Laurence BIBERFELD dans son livre « Le plus vieux métier du monde...qu’ ils disent » (Éditions Libertaires) :
 
« La maman et la putain ne représenteront jamais une quelconque émancipation des femmes. »
 
Elle ajoute, à juste titre que : «  Minimiser l’extrême violence de cette traite qui profite surtout aux riches et aux classes moyennes de certains pays et parler d’une prétendue liberté des migrants ne contribue pas peu à masquer le problème central du pillage humain global des pays pauvres par les pays riches... »
 
Elle souligne que dans cette société capitaliste ,«  Ce champ d’industrie ne doit pas resté inexploité . »
 
En 1998 l’ O.I.T. se prononce pour la reconnaissance économique de l’industrie du sexe, car il n’y a pas de raison que tout ce pognon disparaisse dans les poches de quelques mafiosi…
 
En 2000, le Rapporteur spécial sur les violences faites aux femmes à la Commission des droits de l’homme de l’ O.N.U. veut exclure de la définition du trafic, «  les femmes professionnelles du sexe, migrantes illégales ».(…)
 
Vouloir faire cesser l’exploitation sexuelle implique de s’attaquer à ses causes et donc à la distribution du pouvoir et de l’argent. »
 
Ce sont les conditions sociales qui déterminent le statut de la femme.
 
Madeleine PELLETIER, libre penseuse  et féministes s’exprimait déjà dans ce sens, en 1928  :
 
« ...c’est la misère qui pousse la femme au trottoir. La société n’est pas encore arrivée à comprendre que la femme doit, tout comme l’homme, gagner sa vie en travaillant. »
 
 
En guise de conclusion
 
●    La violence faîte aux femmes n’a pas de limite dans cette société de consommation exacerbée, fondée sur l’accumulation des profits capitalistes.
 
●    On ne peut pas aborder le problème de l’émancipation des femmes sans prendre en considération les conditions économiques de « l’exploitation de l’ homme par l’homme »
 
●    Comme le disaient les femmes qui avaient  constitué « l’ UNION des femmes » lors  de la Commune de Paris, « Toute inégalité et tout antagonisme entre les sexes constituent une des bases du pouvoir des classes gouvernantes »
 
●    Simone de BEAUVOIR avait raison d’en appeler à notre vigilance en s’exprimant ainsi :
 
« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique , économique, religieuse  pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis, vous devez rester vigilantes ... »
 
●    Lors de la « Marche des femmes de Washington », le 21 janvier 2017 la déclaration d’Angela DAVIS qui en appelle à la résistance nous montre la voie afin de nous libérer de toutes les chaînes.
 
 
Le chemin est encore long pour obtenir l’émancipation de tous les être humains dans une société débarrassée de l’oppression et de l’exploitation. (JUSTHOM  « Femmes en lutte » Éditions libertaires)
 
 
Nicole FOURCADE  (Libre débat du 7 mars 2018 -Fédération du Cantal de la Libre Pensée)
 
 
Quelques pistes bibliographiques
 
 
●    « La Libre Pensée et les femmes, les femmes et la libre Pensée »  Louis COUTURIER – Édité par
 
l’ I.R.E.L.P. (2015)
 
●    « Les religions contre les femmes »  Pour l’égalité et l’émancipation du genre humain.  Ouvrage collectif sous la direction de Hansi BRÉMOND - les Éditions de la Libre Pensée ( juin 2016)
 
●    « 1869-1994  Les femmes travailleuses dans le mouvement ouvrier » Catherine LANÉRÈS   - Supplément au n°8 « La Vérité » ( février 1994)
 
●    « Celles de 14 » Hélène HERNANDEZ -Éditions libertaires
 
●    « Femmes en luttes – Du passé faisons notre rage ! » JUSTHOM -Éditions libertaires ( 2017)
 
●    « Le plus vieux métier du monde … comme ils disent » Laurence BIBERFELD – Éditions libertaires
 
 ( 2016)
 

Pour tout renseignement complémentaire
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