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Libre débat de la libre pensée
et du Planning familial


les objectifs du planning familial :
  • Prendre en compte toutes les sexualités
  • Accompagner dans le choix d’une contraception
  • Ecouter et orienter pour une demande d’ IVG
  • Promouvoir l’éducation à la sexualité
  • Dénoncer et combattre toutes les formes de violences
  • Lutter contre les IST et le VIH/SIDA
  • Privilégier une maternité choisie (accouchement sous X, PMA…)

L'introduction au libre débat :
 
"Tout d’abord, je tiens à remercier les personnes présentes ce soir au nom du Planning familial du Cantal et de la Fédération du Cantal de la Libre Pensée.
 
Nous allons aborder un sujet qui tient à cœur nos deux associations, l’IVG.
 
Certains d’entre vous peuvent se poser la question de savoir pourquoi la LP intervient dans ce genre de débat. La LP défend depuis toujours la liberté de conscience, la liberté de penser, la liberté de disposer de son corps et la liberté de sa sexualité comme cela a été écrit dans le petit texte en préambule à cette réunion. La LP et les Libres Penseurs ont toujours été présents dans le combat mené par l’ancêtre du PF, « La maternité heureuse ». Le Dr Henri Fabre, Libre Penseur, fut l’un des instigateurs du PF et le fondateur du premier centre ouvert en Isère.
 
Nous allons tout d’abord faire une petite rétrospective de l’IVG, l’avortement comme on peut également le nommer, avant et après la loi de décembre 1974.
 
L’accès à l’IVG fut la suite de nombreux droits acquis par les femmes. Droit de vote, droit d’ouvrir un compte en banque seule, droit à la contraception, droit de disposer de ses biens.
 
« Ces acquis n’ont pas été obtenus sans qu’ils soient portés par le mouvement démocratique, humaniste et laïque, ainsi que par l’action du mouvement ouvrier. « La femme est le prolétaire du couple » disait Frederich Engels, ce qui voulait dire que la famille reproduisait en son sein le schéma économique de la société. Vouloir régler la question de l’émancipation des femmes sans tenir compte de la société est un non-sens et une impasse » (Christian Eyschen).
 
En 1970, les féministes de Boston criaient « le privé est politique ».
 
« 26 ans, 8 enfants, cela ne suffit-il pas ? Alors la prochaine fois faites attention ».
Voilà ce qu’ont entendu pendant des décennies les femmes qui allaient chercher du secours auprès de leurs médecins.
 
Anna Magdalena Bach mit au monde neuf enfants en neuf ans, puis trois autres quelques années plus tard. Seuls six survécurent, voilà ce qu’était le quotidien de ces femmes.
 
Toutes les civilisations depuis l’Antiquité furent opposées à l’avortement avec quelques nuances selon les pays et les périodes. Impossible de vous parler de tous les cas de figure, ce serait ennuyeux et très long.
 
Les fameuses « faiseuses d’anges » pratiquèrent les avortements pendant des siècles principalement chez les femmes mariées désireuses de limiter la taille de leurs familles. Il faut attendre 1810 et l’article 317 du code pénal napoléonien pour voir l’avortement puni par la loi (3 à 5 ans de réclusion pour la femme et le tiers avorteur) jusqu’ici il n’était puni que par l’Eglise, nous y reviendrons..
 
La vie sexuelle et le plaisir furent bannis pendant des siècles pour les femmes. Les filles mères et les divorcées étaient mises au ban de la société.
 
C’est à partir de 1890 que débute le mouvement néomalthusien français militant avec la parution de l’article révolutionnaire de Henry Fevre « et multipliez vous » (introuvable !!!)
 
Marie Huot (poétesse et femme de lettres) lance le slogan de la « grève des ventres jusqu’au bouleversement révolutionnaire de la société ». Ce slogan établit d’emblée le caractère politique du néomalthusianisme français proche des mouvements anarcho-syndicalistes.
 
Parallèlement à l’essor du mouvement néomalthusien se développe un mouvement nataliste de tendance conservatrice et catholique. Il appuie l’action des défenseurs de la croissance démographique « les repopulateurs » dont le leader est le Dr Jacques Bertillon qui fonde l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française dès 1896. l’Alliance, de façon moins polémiste est plus scientifique, veut démontrer que la France se dépeuple et informer la population et les pouvoirs publics des dangers de la dénatalité. En réalité, la population française croît moins vite qu’avant et moins vite que celle des autres grandes puissances, en particulier l’Allemagne.. Vous voyez où ils veulent en venir, plus de chair à canons.
 
Le 23 juillet 1920, l’article 317 dont je vous ai parlé est élargi à la contraception. C’est ce que l’on appelle la victoire des « pères lapins ». Puis tout s’enchaîne, le 12 janvier 1923 le Dr Pinard lance à la Chambre « l’avortement est un crime contre la Nation ». En juillet 1939, Daladier augmente la répression contre l’avortement en instaurant le Code de la famille.
 
Sous Pétain la loi du 17 octobre 1940 interdit aux femmes mariées de travailler dans l’administration elles ne doivent que procréer…
Le 15 février 1942, l’avortement est un crime contre la sûreté de l’Etat, « une infraction de nuire à l’unité nationale, à l’Etat et au peuple français », passible de la peine capitale. Marie-Louise Giraud fut exécutée en 1943.
 
Pour mettre en œuvre cette politique, l’Etat Français créé le Conseil de l’ordre des médecins.
 
Dans les années 30, le « birth control » se répand dans les pays anglo-saxons. En France ce combat est mené par la Franc-Maçonnerie, la Ligue des Droits de l’Homme et l’Union rationaliste. Le PCF refuse obstinément le contrôle des naissances. En 1956 le groupe parlementaire communiste déclare : « Depuis quand les travailleurs réclameraient le droit d’accéder aux vices de la bourgeoisie ? Jamais !!.
Le Dr Marie Andrée Lagroua-Weil-Hallé après une visite à la clinique de Birth control créée par M. Sanger à New York et devant les conséquences dramatiques des avortements constatés dans sa pratique de gynécologue fait paraître en 1953 un premier article pour sensibiliser le corps médical. Elle y présente le contrôle des naissances comme un moyen de prévention des avortements.
En mars 1955, lors d’une communication à l’Académie des sciences morales et politiques, en utilisant un fait divers et un procès pour infanticide, elle préconise la création de « centres d’eugénétique » où les couples pourraient recevoir conseils et prescriptions de moyens contraceptifs. C’est le début d’une polémique dans la presse qui ne va faire que s’amplifier au cours des années suivantes, connaître de multiples rebondissements et aboutir à la loi Neuwirth puis à la loi Veil.
En 1955 se crée autour du Dr Lagroua-Weil-Hallé, d’Evelyne Sullerot, d’Anne Marie Dourlen-Rollier le mouvement « la Maternité heureuse ». Il regroupe des femmes appartenant à différents courants ; Franc-Maçonnerie, courants issus du protestantisme et d’un catholicisme humaniste, femmes du monde littéraire, communistes en désaccord avec leur direction politique et des médecins.
Le mouvement est loin des théories néomalthusiennes. Le rapport moral de la première assemblée générale en 1957 définit ainsi les objectifs: « lutter contre les avortements clandestins, assurer l’équilibre psychologique du couple, améliorer la santé des mères et des enfants ».
En 1958, le mouvement s’affilie à l’International Planned parenhood federation (IPPF) puis devient en 1960 le Mouvement français pour le planning familial (MFPF).
L’opinion publique est de plus en plus favorable aux arguments du contrôle des naissances. La presse écrite joue un rôle considérable dans la diffusion de ces idées. Les articles d’un journaliste communiste Jacques Derogy puis son livre « Des enfants malgré nous » paraissent en 1956.
A Grenoble, s’appuyant sur des arguments juridiques démontrant que la loi de 1920 interdit la propagande anticonceptionnelle mais non la prescription et l’usage des contraceptifs, le Dr Henri Fabre avec un groupe de militants décide d’ouvrir le premier centre d’information et de prescription contraceptive en juin 1961. Le corps médical reste globalement hostile à la diffusion des contraceptifs et le Conseil de l’Ordre écrit en 1962 que « le médecin n’a aucun rôle à jouer et aucune responsabilité à assumer dans l’appréciation des moyens anticonceptionnels, dans les conseils au public, ou les démonstrations relatives à ces moyens ». Pourtant, l’adhésion de plus en plus de femmes au MFPF et la fréquentation croissante des centres qui se créent un peu partout montrent le réel besoin des couples dans ce domaine et l’inadéquation des lois. Le MFPF commence à diffuser pilule et le dispositif intra utérin appelé stérilet. Certains médecins multiplient des articles sur le sujet sans toutefois être reconnu par leurs pairs et il faudra attendre 1966 pour que le Conseil de l’Ordre admette que « le médecin n’a pas à s’en désintéresser (de la contraception) s’il veut la pleine santé et l’épanouissement des familles dont il est médicalement responsable ». A-t-il senti que le pouvoir médical devait reprendre le contrôle d’un phénomène qui risquait fort sinon de lui échapper ?
Entre 1956 et 1967, 11 propositions de lois seront déposées par des formations de gauche pour modifier la loi de 1920 et toutes seront repoussées.
C’est à partir de 1965, lors de la campagne pour l’élection présidentielle que la loi de 1920 revient en force sur l’agenda politique et à la suite du candidat Mitterrand, les autres candidats prennent position. Le parti communiste s’engage officiellement pour la révision de la loi modifiant ainsi les rapports de force.
Une commission Marcellin est créée à l’Assemblée pour l’étude des conséquences de la prise de contraceptifs et celle-ci conclut fin 1965 à son innocuité.
Le 18 mai 1966, Lucien Neuwirth député UDR dépose un projet de loi en vue de modifier les articles 3 et 4 de la loi de 1920, articles qui portent sur l’interdit de la diffusion de la contraception. Elle sera finalement adoptée après divers amendements le 19 décembre 1967. Elle est très restrictive et très décevante par rapport à l’attente des militants du MFPF et d’une grande partie de la population. Elle est restrictive pour les mineurs (21 ans à l’époque), demandant le consentement écrit des parents ; il faudra attendre le vote d’une nouvelle loi en 1974 pour que le consentement parental ne soit plus exigé.
 
Devant la lenteur mise à l’application des lois et dans un contexte social de revendications féministes qui apparaissent un peu partout en Europe, les mouvements se radicalisent et de l’idée de contraception, on passe à celle de rattrapage des échecs par l’avortement légalement autorisé. L’Institut National d’Etudes Démographiques, en 1966 évalue à environ 250000 le nombre d’avortements provoqués. Ils seraient responsables de 250 décès par an.
 
1971 voit un événement médiatique d’importance : 343 femmes dont beaucoup très célèbres « déclarent avoir avorté » et réclament « le libre accès aux moyens anticonceptionnels et à l’avortement libre ». Le manifeste des « 343 salopes » est publié par le Nouvel Observateur le 5 avril 1971. Aucune de ces femmes ne sera inculpée. Cette même année, le Dr Peyret dépose un projet de loi en faveur de l’avortement qui, malgré sa modération va se voir attaquer par le mouvement « Laissez les vivre » et l’ordre des médecins.
 
En 1972, c’est le fameux procès de Bobigny, procès où les accusées sont défendues par Me Gisèle Halimi. De nombreuses personnalités vont venir témoigner (D. Seyrig, J. Rostand, S. de Beauvoir...) La relaxe de toutes les accusés va faire voler en éclat la loi de 1920
 
En 1973 est créé le Mouvement pour la libération de l’avortement et la contraception (MLAC) qui fédère le MFPF, le GIS (Groupement Information Santé), le MLF, de nombreux syndicats et mouvements d’extrême gauche.
C’est également le Manifeste des 331 médecins qui déclarent « Nous pratiquons des avortements ».
Sortie et interdictions du film de Charles Belmont « Histoire d’A. », autorisé quelques semaines avant le début des débats à l’Assemblée en 1974
Organisation de voyages en Angleterre par le MFPF de femmes voulant se faire avorter.
 
Nous voici donc en 1974. La loi Veil sera une loi de compromis et d’encadrement médical. Tout d’abord elle n’est votée que pour une période probatoire de 5 ans, la loi de 1920 n’est pas abrogée mais suspendue, l’avortement reste inscrit au code pénal et toutes publicités pour la contraception et l’avortement sont interdites. Les débats à l’Assemblée Nationale seront houleux jusqu’à l’infâme. Après un débat aussi passionné au sénat, le loi Veil sera votée par 284 voix contre 189, tous partis politiques confondus.
 
La loi ne règle pas tout bien sûr, il faudra attendre 1982 pour voir l’IVG remboursé par exemple mais c’est une victoire de la liberté de conscience. La loi ne juge pas, n’encourage pas, elle protège les femmes et leur laisse le libre choix.
 
De nouvelles polémiques vont voir le jour, la réaction n’est jamais bien loin. Lors du renouvellement de la loi en 1979, lors de l’apparition du RU486 (avortement médicamenteux), de la pilule du lendemain…
 
Les débuts de l’application de cette loi vont être difficiles. Gynécologues récalcitrants ou peu formés à l’intervention. Les centres d’IVG et leurs personnels n’ont pas de statuts légaux etc..
 
40 ans après le vote de la loi, celle-ci est globalement appliquée, mais des difficultés régionales persistent. Les organisations militantes se sont démobilisées ou ont disparu. Seuls le MFPF et l’ANCIC (Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception) restent actuellement sur le terrain des pratiques et de la réflexion. Pourtant le droit à l’avortement semble pouvoir être remis en cause régulièrement.
 
Nous allons nous éloigner de l’Hexagone pour faire un tour d’horizon de l’IVG dans le monde.
Je vais essayer d’être assez concis afin de ne pas vous assommer de chiffres et de statistiques, il est de toute façon impossible de détailler chaque pays. Ensuite nous reviendrons faire un petit tour plus précis des conditions d’IVG en Europe.
 
Il faut savoir qu’en 2016 l’avortement est légal dans 57 pays, légal avec des restrictions dans 70 pays et totalement interdits dans 68 sauf si la vie de la mère est en danger. Malte (UE), San Marin et le Nicaragua n’admettent AUCUNE exception.
 
Le 25 janvier 2016 les Nations Unies ont reconnu le droit à l’IVG en tant que droit humain.
 
Parlons un peu de la santé des femmes maintenant : Environ (tous ces chiffres sont discutables mais vérifiés auprès de plusieurs sources) 56 millions d’avortements sont pratiqués chaque année dans le monde dont 22 millions le sont dans de mauvaises conditions et cela coûte la vie à 47000 femmes chaque année. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’interdiction dans un grand nombre de pays coûte la vie à des dizaines de milliers de femmes.
Les États pénalisant les pratiques abortives sont majoritairement situés en Amérique Latine, dans le sud de l'Asie et particulièrement en Afrique, où 93% des femmes en âge de procréer vivent dans des pays soumis à des législations restrictives de l’avortement.
 
Rapprochons nous un peu et voyons ce qui se passe en Europe :
 
-        En Pologne, l’IVG est permise uniquement dans les cas de viol, d’inceste et de malformations graves du fœtus. Le pays a autorisé l’avortement jusqu’en 1997.
 
-        A Chypre les mêmes règles qu’en Pologne sont suivies
 
-        En Andorre l’IVG est interdit sauf si il y a un vrai risque pour la santé de la femme.
 
-        En Irlande, depuis 2013, l’avortement est autorisé uniquement si la poursuite de la grossesse fait courir à la femme « un risque réel et substantiel » qui doit être justifié par deux médecins. Depuis le suicide d’une jeune femme en 2012, le risque suicidaire est pris en compte après avis de deux psychiatres et d’un obstétricien. Un projet de loi de juillet 2016 visant à légaliser l’avortement a été rejeté. Une peine de 14 ans de prison est prévue pour IVG. L’ONU a condamné l’Irlande le 9 juin 2016.
 
Dans tous ces pays (sauf l’Irlande), les peines encourues peuvent aller jusqu’à 3 ans de prison pour la femme et le médecin ayant pratiqué l’intervention.
 
-        En Finlande, l’IVG n’est légale qu’avant 17 ans et après 40 ans, après 4 enfants ou si la femme présente de réelles difficultés sociales ou de graves problèmes de santé. En pratique il est assez facile d’avorter en Finlande, toutefois la loi existe.
 
-        En Italie, l’avortement est légal mais environ 70% des médecins se disent « objecteurs de conscience » et refuse de le pratiquer principalement dans le sud du pays.
 
-        En Espagne, En décembre 2013, un projet de loi est présenté pour interdire l'avortement, sauf en cas de viol ou de danger pour la santé physique ou psychique de la mère, par le gouvernement de Mariano Rajoy. Le 23 septembre 2014, le projet de loi est retiré, faute de consensus au sein de la majorité. Le délai légal est de 14 semaines mais les mineures doivent avoir dorénavant une autorisation parentale.
 
-        Au Portugal, Le Parlement a adopté, le 21 juillet 2015, un projet de loi restreignant le droit à l’avortement. Parmi les modifications notables, les frais de l’opération seront désormais à la charge du patient et non plus de l’Etat.
 
Dans l’UE le délai légal d’IVG varie de 10 semaines dans 25% des pays à 12 semaines dans 56% voire 16 semaines en Suède et 24 semaines au Royaume Uni hors Ulster qui ne reconnaît pas le droit à l’IVG. Les Irlandaises du Nord sont environ 2000 à aller en Angleterre chaque année.
 
 Toutes ces données amènent à une conclusion : Partout où les religions se mêlent de la vie publique et privée, les droits des femmes reculent.
 
Selon un point de vue typiquement religieux, le corps de la femme est fécond et sa fécondité ne doit en aucun cas être entravée. Bien que l’avortement soit un thème de moins en moins tabou et bien qu’il se libéralise de plus en plus, il reste pour les conservateurs de toutes religions et de toutes doctrines un acte « infâme », car pour eux, c’est un « pur et simple assassinat ».
 
Dans la religion catholique, le Vatican a toujours été contre la légalisation de l’avortement. Pape après Pape, le discours reste le même. L’avortement consisterait à tuer un enfant. Il ne se limiterait, ni plus ni moins, qu’à un meurtre commis dans la plus grande illégalité religieuse et morale.
 
Les déclarations des Papes sont étrangement ressemblantes :
 
Giovanni Montini, dit Paul VI écrit dans son encyclique « Humanae Vitae en 1968 : « Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation… La pilule est plus dangereuse que la Thalidomide, elle favorise les maladies vénériennes, provoque des malformations congénitales et donne le cancer »
 
Karol Wojtila plus connu sous le nom de Jean Paul II dans un livre écrit en 2005 : « L’extermination légale d’êtres humains qui ont été conçus mais ne sont pas encore nés est toujours en cours. Et cette fois nous parlons d’une extermination qui a été autorisée par rien moins que des Parlements démocratiquement élus où l’on entend normalement des appels aux progrès de la société et de l’Humanité ». Je vous fais grâce des passages faisant l’amalgame avec l’Holocauste et fustigeant l’homosexualité. »
 
Monsieur Ratzinger dit Benoît XVI s'est vu demander s'il soutenait les responsables de l'Eglise catholique au Mexique, qui ont menacé d'excommunier des députés de gauche qui ont voté en janvier 2007 en faveur de la légalisation de l'avortement à Mexico. "Oui, cette excommunication n'est pas arbitraire, elle est permise par la loi canonique qui dit que le meurtre d'un enfant innocent est incompatible avec la communion, qui consiste à recevoir le corps du Christ".
 
José Bergoglio dit François 1er quant à lui est plus modéré et consensuel, c’est un jésuite ne l’oublions pas : « Je voudrais redire de toutes mes forces que l’avortement est un péché grave, parce qu’il met fin à une vie innocente. Cependant, je peux et je dois affirmer avec la même force qu’il n’existe aucun péché que ne puisse rejoindre et détruire la miséricorde de Dieu quand elle trouve un cœur contrit ».
 
Passons à l’Islam.
 
La règle de base de l’Islam vis-à-vis de l’avortement est l’interdiction. Une grande importance est accordée à l’embryon qui est vu comme un être vivant.
A partir du moment où il y a fécondation, il y a vie. Néanmoins des mesures ont été prises dans certains pays comme dans les pays du Maghreb ou encore en Arabie Saoudite afin que l’avortement soit toléré lorsque la vie de la mère et en danger ou à moins qu’il y ait eut viol. Cependant, y avoir recours peut être très mal vu par la communauté et même si la législation l’impose, tous les centres médicaux ne sont pas à même de le pratiquer et certains médecins s’y refusent encore. D’après le prophète Mouhammad l’âme est insufflée dans le fœtus au terme du quatrième mois de grossesse (120 jours) ainsi, même si les choses ont évoluées, l’avortement passé ce délai est strictement interdit et est considéré comme un infanticide.
 
Petite citation : « Crains donc Allah, ô toi musulmane, et ne t’avise surtout pas à commettre un tel crime pour une raison futile et surtout ne te laisse pas berner par des idéologies fausses et des principes qui ne font qu’égarer et ne sont en conformité ni avec la religion ni avec la raison!!!».
 
Continuons par le judaïsme :
 
Au sein de la communauté judaïque, il existe un désaccord pour savoir si la prohibition concernant l’avortement est biblique ou rabbinique. Dans les principes de base du judaïsme l’avortement est un infanticide car le fœtus est considéré comme un être vivant à part entière.
Néanmoins, il est aujourd’hui toléré ; l’avortement est autorisé en cas de danger pour la mère ou en cas de risque de déformation du fœtus (avant le 40ème jour).
 
Le bouddhisme condamne également l’avortement. Les bouddhistes observent les « Cinq Préceptes » comme fondations de la vie morale que requiert le progrès spirituel. Le premier de ces préceptes et « de ne pas détruire de créatures vivantes ».
Le bouddhisme Theravada considère que la vie humaine débute au moment de la conception, c’est-à-dire lorsque la mère, le père et le Gandhabba (l’énergie karmique de l’être qui recherche la renaissance) coïncident avec succès. Ainsi, tuer un fœtus revient à tuer un être humain, ce qui rend évidemment l’avortement incompatible avec le premier précepte.
Et pour finir le protestantisme.

Les Protestants comme souvent, se démarquent par leur ouverture d’esprit.

Sur le sujet de l’avortement ils s’expriment pour la première fois en 1971 déclarant que : « dans certains cas, il y a plus de courage et d’amour à prendre la responsabilité d’un avortement qu’à laisser venir au monde des vies menacées ». En 1973 la Fédération Protestante Française élargissait son point de vue parlant alors d’avortement dans le cas de problèmes sociaux. Elle contrastait néanmoins sa position déclarant qu’il ne « faudrait pas que l’avortement devienne pour la société un moyen facile de se débarrasser des problèmes sociaux qu’elle doit résoudre ».
 
Vous savez comme moi qu’il existe plusieurs formes de protestantisme, nous parlons dans ce cas de la fédération française. Je vous laisse à vos quotidiens préférés pour relire les déclarations de Trump (par exemple) au sujet de l’avortement.
 
Ainsi, la majeure partie des religions, suivant la tolérance ou l’extrémisme de certains de ses courants fait prôner la vie du fœtus sur le choix personnel d’une mère. Le fœtus est considéré comme un être vivant à partir du moment où il est fécondé.
 
Comme vous avez pu le constater dans ce petit exposé qui j’espère n’aura pas été trop long, les religions sont systématiquement sources de réactions et d’obscurantisme pour ce qui concerne la liberté de disposer de son corps, de sa sexualité, de sa vie, de sa conscience et ceci principalement envers les femmes. Les religions ont une influence permanente sur le fonctionnement des Etats et cela ne pourra cesser que par une stricte séparation des Eglises et de l’Etat universelle. L’émancipation des femmes à travers le monde est liée invariablement à l’émancipation du genre humain dans son intégralité."

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